Ce que la stratégie et le projet organisationnel peuvent apporter à l’émergence d’une nation est inestimable. Nous nous précipitons dans des réalisations infrastructurelles sans vision et sans projet organisationnel. Une nation (comme une entreprise) évolue dans un environnement (national et international) caractérisé par une concurrence de plus en plus exacerbée, une demande interne et externe de plus en plus exigeante, une technologie de plus en plus évolutive, une conjoncture politique, réglementaire, économique, sociale et culturelle en constante mutation, un facteur écologique et de développement durable de plus en plus présents.
Parce qu’il définit une vision, le projet organisationnel (projet de société ou projet d’entreprise) évite la confusion, les pratiques informelles et déviantes. Le projet organisationnel est mobilisateur et donne un sens au travail des parties prenantes Parce qu’elle est le contraire du pilotage à vue, la stratégie évite les errements, tâtonnements et autres déperditions. Une stratégie et un projet organisationnel bien pensés et intégrés par les différents acteurs de l’organisation auront tendance à favoriser un bon climat social et des relations de partenariat propices à l’atteinte des objectifs. Ils permettent d’exploiter les nombreuses opportunités de l’environnement et d’en juguler les menaces. Qu’en est-il de ce projet organisationnel et de cette stratégie ?
Le projet organisationnel se focalisera sur la Satisfaction, la Fidélisation et la loyauté (Rétention) de 3 acteurs de l’organisation :
- Les clients, les populations qui utilisent les produits et services publics ;
- L’entreprise et son personnel, l’Etat et ses démembrements ;
- Les partenaires au développement, actionnaires et apporteurs de capitaux..
Des grandes entreprises jusqu’aux lycées, collèges et écoles primaires, en passant par les collectivités et autres organisations, tous doivent élaborer des projets et décliner une stratégie dans le cadre d’une nation qui aspire à l’émergence.
La stratégie est une structure globale de comportements d’une organisation (un pays, une entreprise) qui doit lui permettre d’atteindre ses objectifs. L’organisation doit s’orienter vers 3 choix consécutifs et décisifs:
- Des choix fondamentaux (la survie de l’organisation en dépend) : L’organisation fait ses choix de spécialisation, de diversification, d’intégration (verticale ou horizontale) , de coopération, d’internationalisation, de sous-traitance, des synergies à exploiter, des partenariats public/privé : le secteur privé national doit participer activement aux projets de développement. Il est inadmissible qu’un pays vienne nous financer et donner les marchés à leurs entreprises. Nous devons permettre à nos entrepreneurs de participer, par un système de joint-venture, à ces projets et leur management. La plus grande partie de la valeur ajoutée doit rester dans le pays ;
- Des choix concurrentiels (la compétitivité de l’organisation en dépend) : l’organisation doit se différencier de ses concurrents en recherchant en permanence des facteurs d’unicité. Elle doit dominer ses concurrents par les coûts en recherchant en permanence des économies d’échelle, des gains de productivité, à innover sur les nouvelles technologies. Elle doit aussi exploiter des niches rentables pour gagner en capacité d’autofinancement…. ;
- Des choix fonctionnels (la pérennité de l’organisation en dépend) : l’organisation doit définir une stratégie marketing, une stratégie sociale et des ressources humaines, une stratégie de production, une stratégie Qualité/Hygiène/Sécurité/Environnement, une stratégie financière, une stratégie d’achats, une stratégie de recherche & développement, une stratégie numérique…
La réussite du projet organisationnel et de la stratégie dépend de 5 facteurs fondamentaux :
- La MOTIVATION: un management public et privé motivants, qui donnent du sens et des acteurs dotés d’un sens élevé des responsabilités ; La motivation doit éviter les turn-over dans les organisations et la fuite des cerveaux du pays. Un compatriote ne doit pas hésiter à rentrer chez lui à cause des incohérences managériales, des pratiques informelles et des maraboutages ;
- La COMMUNICATION: Une communication interne et externe bien pensée et débarrassée de toute manipulation et des acteurs qui maîtrisent les règles élémentaires de la communication écrite et orale ; La qualité de la communication doit permettre une mise à niveau des acteurs des médias et renforcer la déontologie dans la profession journalistique;
- La FORMATION: Des politiques et programmes de formation bien élaborés et des acteurs conscients qu’il faut s’auto-former en permanence ; le pays doit se doter de ressources humaines de qualité pour préparer le capital humain à l’émergence ; L’absence de compétences numériques sera bientôt assimilée à de l’illettrisme ; la capacité à gérer le changement sera déterminante ;
- L’ORGANISATION: Une organisation interne et externe sans faille et des acteurs qui savent gérer leurs priorités et se débarrasser des comportements informels ; Une Politique Nationale de la Qualité, de l’Hygiène, de la Sécurité et de l’Environnement permettra de doter le pays de l’armature nécessaire pour son émergence ; Toutes les structures qui font travailler des gens sans les déclarer devront se mettre à jour ;
- Le RECRUTEMENT : Un professionnalisme dans le recrutement des membres de l’organisation et des acteurs qui méritent leur position dans l’organisation. Le recrutement doit favoriser l’égalité des chances et un sentiment d’émulation pour toutes les forces vives du pays.
Chaque individu, chaque entreprise, chaque nation dispose d’un potentiel à optimiser. Cette démarche d’optimisation passe par une maximisation de trois opportunités fondamentales et une minimisation de trois contraintes fondamentales.
- L’Etat et l’Entreprise doivent penser à la maximisation de la Satisfaction, la Fidélisation et la Loyauté de leurs clients internes (leurs salariés) et externes (les partenaires de transaction, les citoyens), la maximisation de leurs recettes et chiffre d’affaires et la maximisation de leurs marges bénéficiaires. Ils doivent aussi minimiser la déception, la défection et l’abandon de ces clients internes et externes, la minimisation de leurs coûts et la minimisation de leurs pertes.
- L’individu (aidé par son entreprise et l’Etat) doit maximiser ses qualités, ses points forts et ses atouts, maximiser son apport à son entreprise et à son pays et maximiser son rendement (apporter plus qu’il ne coûte). Il doit en contrepartie minimiser ses défauts, ses points faibles et ses handicaps, minimiser ses limites et minimiser ses déficiences.
Un pays qui aspire à l’émergence doit avoir un projet de société clair et partagé par le plus grand nombre. La stratégie permettra de définir une feuille de route où les approximations seront neutralisées. Le projet organisationnel et la stratégie doivent fonctionner comme une chaîne de valeurs. La crédibilité et l’engagement des initiateurs sont fondamentaux dans la réussite des deux entités. Le respect des deniers publics est un préalable indispensable à l’émergence de l’économie. Le pays doit se débarrasser des réseaux mafieux qui le gangrènent et dont les intérêts sont aux antipodes de nos intérêts. Une société en mouvement, plus juste, plus unie, plus solidaire et créant du progrès est le meilleur gage pour l’émergence. Excellent weekend


