Performance et gouvernance sont deux leviers qui peuvent booster les résultats de nos organisations. S’il y a un facteur qui peut annihiler tous les efforts de développement d’un pays, c’est bien l’informel. L’informel (Tout ce qui n’est pas organisé avec rigueur et tout ce qui ne suit pas des règles précises) produit toujours des résultats catastrophiques. C’est l’informel qui favorise l’impunité, qui ouvre la voie à des pratiques douteuses au niveau de l’appareil d’Etat. Comment comprendre qu’une entreprise puisse se livrer à des importations frauduleuses de marchandises sous les yeux de l’administration (douanière) ? C’est l’informel qui pousse les taxis à emprunter les passerelles réservées aux piétons et tordre le coup aux principes élémentaires d’une civilisation.
Les ravages de l’informel sont tels que le pays inspire plus d’inquiétude que d’attractivité. Nos dirigeants ont une fâcheuse tendance à sombrer dans l’informel, souvent volontairement pour diviser et mieux régner. On constate en permanence leur incompétence à trouver des solutions au désordre ambiant. Nos gouvernants doivent répondre aux exigences et aux rôles et responsabilités dans le cadre d’un nouveau paradigme de management public et de management privé. Il est par conséquent important de pousser les organisations à considérer trois niveaux de structures de gouvernance :
– Un « Comité Stratégique » qui intègre le top management, les directeurs de portefeuilles et les responsables des différentes parties prenantes ;
– Un « Comité Programme » qui sera composé du directeur du portefeuille concerné, du directeur du programme , ainsi des parties prenantes impliquées ;
– Un « Comité Projet » (ou comité de pilotage) au sein duquel on retrouvera principalement un représentant du programme, le commanditaire et le chef de projet.
Une bonne stratégie peut échouer si on ne définit pas les structures de gouvernance pérennes et efficaces, les processus de management adéquat, les indicateurs de performance pertinents et surtout les ressources internes compétentes qui seront chargées d’assurer la bonne mise en œuvre. A l’instar des pays qui ont des performances dans ce système, il serait judicieux de charger une instance gouvernementale de l’élaboration de guides de bonnes pratiques relatifs à la mise en œuvre d’une stratégie qui devrait être adoptée par les différents départements ministériels, ainsi l’harmonisation et la consolidation des stratégies sectorielles seront facilitées.
Toute stratégie apporte une réelle valeur ajoutée lorsque les objectifs sont transformés en résultats. Le management de projet organisationnel est le meilleur vecteur pour transformer la stratégie en résultats concrets et en tirer les bénéfices associés. Il appartient au Président de la République et son gouvernement de reconnaître l’importance de la stratégie pour que l’écart entre son contenu et les résultats obtenus soit le plus réduit possible. En effet, les organisations réalisent en général 60 % de l’énoncé de leur stratégie du fait des préoccupations liées à la planification et à l’exécution des projets, programme et portefeuille. Les organisations formulent des engagements, mais ne sont pas toujours capables d’en livrer les résultats.
Le management de projet permet de faire le lien entre la stratégie d’une organisation et ses réalisations, car il permet la sélection et l’exécution des « bons projets » :
– Au « bon moment » en fonction des objectifs stratégiques ;
– De la « bonne façon » pour atteindre les résultats escomptés ;
– Avec les « bonnes ressources » assignés aux projets appropriés.
Le management de projet organisationnel permet de normaliser et de mettre en application les meilleures pratiques, tout en améliorant de façon continue les processus. Il existe une corrélation positive entre le niveau de maturité d’une organisation en management de projet, ses performances globales et ses résultats. Mesurer et développer la maturité organisationnelle en management de projet représentent donc un facteur clé pour l’amélioration de la performance. Le niveau de maturité souhaité pour chaque organisation peut varier en fonction de de ses objectifs et besoins spécifiques, de son plan stratégique et de ses capacités en ressources. Pour réussir la mise en œuvre d’une stratégie, il est nécessaire de développer une bonne approche de gouvernance en collaboration avec les différentes parties prenantes, à condition de se prendre en charge et de ne pas dépendre totalement des structures externes.
En tenant compte des bonnes pratiques internationales, nous pouvons mettre en place les structures de gouvernances, les processus, les modèles de documents et les indicateurs de performance, mais il faudrait désigner des ressources internes compétentes pour assurer la pérennité de la mise en œuvre de la stratégie. Nos dirigeants sont pleins de bonnes intentions. Mais il faut qu’ils sachent qu’il y a une différence entre intention et action donc entre stratégie intentionnelle et stratégie réalisée. Ils doivent donc agir plus qu’ils ne parlent. Ils doivent Ecrire ce qu’il y a à faire, Faire ce qu’ils ont écrit et Contrôler ce qu’ils ont fait. « L’exemple n’est pas seulement un moyen de convaincre, c’est le seul » disait Gandhi.
Ce cadre de référence pour une gouvernance vertueuse pourra éliminer les pratiques informelles dans nos organisations et créer dans le pays une forme d’émulation des différentes parties prenantes et des forces vives. Continuons le combat citoyen pour mettre en mouvement notre société dans l’ordre et la discipline et construire une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle république plus unie, plus juste, plus solidaire et en progrès. Excellent weekend


