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Edito du Weekend : Sans confiance point de progrès

Nos préoccupations de confiance nous empêchent de  progresser. L’affectio societatis (confiance entre les associés) est indispensable pour faire fonctionner une entreprise. La première préoccupation d’un dirigeant doit être la restauration de la confiance dans son organisation. C’est la confiance qui développe l’attractivité d’une organisation (un pays, une entreprise, une association, une ONG) Au niveau de l’organisation et des individus citoyens, les préoccupations de confiance entravent considérablement les possibilités d’amélioration du système et des règles de vie en société et par conséquent constituent un frein considérable au développement :

  • Au niveau de l’Etat, le manque de confiance du président de la république en ses propres partisans et en nos institutions en refusant de se mettre en retrait de son parti et de se consacrer entièrement à tous les citoyens et au développement du pays, est une source de conflits permanents. Cette situation de manque de confiance bloque une grande partie des actes qui vont dans le sens de l’intérêt général, l’égalité des chances, une justice indépendante et la promotion des forces vives de la nation. Les difficultés de communication de l’exécutif, les jeux d’intérêt qui le minent et le poids des lobbies empêchent la puissance publique d’avoir une réelle impulsion sur les réformes indispensables pour restaurer la confiance dans le pays. Une administration publique cloisonnée mène la vie dure aux individus et entrepreneurs locaux qui perdent confiance et se démotivent…
  • Au niveau des organisations, la relation employés – employeurs est sujette à des tensions permanentes. Les jeux d’intérêts individuels, les trahisons, les cachoteries et les coups bas sont fréquents et sont sources de perte de confiance entre acteurs et partenaires sociaux. Chaque partie cherche à tirer profit des failles de la relation contractuelle. Le dirigeant a tendance à profiter de la précarité des stages et à différer le plus longtemps possible la proposition d’un contrat en bonne et due forme. Le manque de confiance en leurs collaborateurs l’empêche de déléguer les pouvoirs et de renforcer ainsi les capacités managériales de leurs collaborateurs. La conséquence est une baisse de la motivation de ces employés, leur démission et/ou leur orientation vers des comportements déviants (absentéisme, vols, détournements de fonds, sabotage…)
  • Au niveau des individus, la rupture de confiance entre citoyens est de plus en plus visible. L’individualisme prend le dessus sur les actes de solidarité. L’ethnicisme, le clanisme, le fétichisme et les pratiques occultes deviennent les armes pour évoluer dans la société. Certains entrepreneurs sénégalais établis à l’étranger ont une propension à recruter que du personnel d’origine étrangère. En tant que recruteur au Sénégal, il m’est arrivé d’avoir un client qui me demande un candidat avec un nom à connotation étrangère et/ou chrétienne. Le décideur raisonne dans des stéréotypes du genre : je ne veux pas prendre quelqu’un qui va me demander un congé pour aller à Touba, un congé pour aller à Tivaouane, un congé pour aller à Ndiassane ou yoff, un congé pour aller à Popenguine, un congé pour aller au mariage, au baptême, au décès de tel ou tel parent…

Le manque de confiance aboutit à des regroupements ethniques et sectaires et ne produit pas de résultat car la compétence n’a pas de couleur ni de religion. Les modes de dévolution du pouvoir et les relations entre les gens faussent la confiance dans nos sociétés. Et si on pouvait retrouver confiance en Dieu et restaurer la confiance entre nous et faire des introspections utiles pour le changement de paradigme sociétal…Excellent weekend et excellent Magal à la communauté musulmane du monde entier.

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