Valoriser une certaine conception de la reconnaissance dans nos sociétés est le moyen le plus sûr de retisser les liens sociaux. Un poisson pourrit toujours par la tête. L’histoire du pays semble se répéter. En 2000, le président élu avait manqué singulièrement de reconnaissance envers la coalition qui l’avait porté au pouvoir. En 2012, on semble s’acheminer vers le même scénario. Le président actuel et ses partisans sont en train de jeter aux orties les partis qui les ont aidés à conquérir le pouvoir. Les motivations restent toujours les mêmes. Partager le gâteau de la prédation éhontée de nos ressources publiques entre des partisans complaisants et des transhumants sans valeur morale. Le Palais de la République est confié par le peuple pour qu’on y traite les affaires de la République et non pour servir de lieu de rencontre entre partisans ou de constitution de coalition pour sa réélection. Nos dirigeants sont-ils vraiment reconnaissants envers un peuple qui les entretient, et couvre tous leurs besoins avec les ressources publiques?. Ils utilisent en toute impunité les biens (mobiliers et immobiliers) de l’Etat pour eux, leurs familles et leurs amis. Ils bénéficient d’avantages et de privilèges indus et ne sont reconnaissants qu’à la personne qu’ils considèrent comme la seule constante. Ils ignorent souvent que la seule reconnaissance doit aller à Dieu et à leurs deux parents. Le peuple lui se contente de peu, vit dans un dénouement total et sans espérance. La meilleure manière de témoigner de la reconnaissance envers son peuple, c’est de renoncer à tous ces privilèges indus, de reverser, dans une un Fonds de Solidarité Nationale toutes les sommes indues détenues par les personnes qui ont occupées des fonctions dans l’appareil d’Etat. Montrer de la reconnaissance à son peuple, c’est lui créer de la valeur par un investissement massif dans l’éducation et la formation, la santé, l’environnement, le cadre de vie, le logement….c’est favoriser l’égalité des chances, l’intérêt général et l’intérêt national. La reconnaissance dans les organisations est aussi considérée d’une manière singulière. Le dirigeant d’entreprise oublie souvent que c’est la force de travail du salarié qui l’a aidé à créer de la richesse et ignore volontairement ou non la notion d’intéressement et de valorisation des compétences. Le salarié oublie souvent aussi les efforts faits par son employeur pour préserver l’outil de travail et développer l’emploi. Il se lance parfois dans des actes de sabotage et de destruction de ce qui lui donne sa dignité. J’ai une fois placé une personne qui était employée dans mon cabinet, dans une grande entreprise de la place suite à la sollicitation de son D.G. En intégrant cette grande entreprise, cette personne a triplé son salaire et ça ne l’a pas empêché de me demander des indemnités de départ en quittant mon cabinet. De nombreux couples ont connu les affres de la séparation après la trahison de l’un des membres. Même un petit geste fait pour un individu mérite de la reconnaissance. La trahison est malheureusement devenue un sport national et la reconnaissance (Koleuré) disparait de plus en plus de nos repères. Profitons du mois béni de Ramadan pour faire une introspection et retrouve ces valeurs qui étaient si chères à nos anciens. Excellente journée



