La patrimonialisation de la gestion de l’Etat est perceptible à chaque publication de l’Etat du Sénégal. Nos dirigeants ont une singulière conception du management des organisations dans nos pays. Un pays en confrontation, litige, contentieux permanents (notamment sur le plan électoral) trouvera-t-il le temps pour penser à son développement et ainsi à la satisfaction des besoins des populations, but essentiel de l’action politique ?
Comme toujours, un poisson pourrit toujours par la tête. Les contentieux non élucidés au niveau de l’Etat et la nébuleuse qui entoure certaines activités gouvernementales portent un discrédit déplorable sur nos institutions. Aucun juge ne s’auto saisit pour essayer d’élucider certaines affaires. On nous annonce des milliards recouvrés sans qu’on sache où. Cette situation va jusqu’à plomber le développement (les aspects qualitatifs) du pays. Les dirigeants préfèrent sortir des chiffres sur la croissance (du quantitatif) qui ne veulent rien dire. Il y a donc une différence entre croissance et développement.
Une certaine patrimonialisation de la gestion des structures étatiques constitue le fléau essentiel de notre société. C’est à la tête de l’Etat que cette patrimonialisation commence. Les pouvoirs démesurés du président de la république autorisent toutes les dérives. Le budget de la présidence d’un pays sous-développé de 14 millions d’habitants est presque au niveau du budget de la présidence d’un pays développé de 65 millions d’habitants. Suivez mon regard. Cette situation est préoccupante.
Le clientélisme et le népotisme (surtout familial) constituent toujours des modes de gouvernance. Nos politiques refusent de couper le cordon ombilical avec le système du Parti-Etat qui étale ses ramifications et tentacules dans tous ses démembrements (sociétés et agences nationales) et qui prévaut depuis les indépendances. Le peuple confie ses ressources à une personne élue par lui pour que ce dernier en prenne scrupuleusement soin, les fructifie rationnellement et les répartisse harmonieusement.
Les ressources d’un pays ne constituent donc pas un patrimoine d’un seul clan. Confier le management d’une structure publique sur des considérations uniquement partisanes est la meilleure façon de gaspiller les deniers publics. Ces dirigeants de structures publiques ont une propension à abuser des deniers publics pour les besoins de la campagne électorale de leur chef et aussi pour les besoins de leurs proches (familles biologique et politique, marabouts, féticheurs). Ceux qui sont polygames seront encore plus budgétivores. D’autres vont puiser dans les caisses pour entretenir leurs différents bureaux (maitresses). Les scandales financiers ne cessent de se révéler dans ces structures Alors voter un budget de presque 3000 milliards avec des poches de gaspillages énormes équivaut à un leurre. Excellente journée
Peps GUEYE



