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Edito du Mardi : L’aversion à la délégation des pouvoirs

L’aversion à la délégation des pouvoirs est une certaine forme de tare génitale qui plombe le management publique et privé d’un pays. L’hyper présidentialisme est une illustration parfaite de l’aversion de nos dirigeants à responsabiliser leurs collaborateurs. Il suffit d’observer les services rattachés à la présidence de la république pour comprendre la volonté du chef de tout contrôler.

L’aversion à la délégation des pouvoirs, qui ressemble beaucoup à une forte résistance au changement,  s’explique par trois facteurs psychologiques. 1/ L’aversion aux pertes plus forte que le risque de réaliser un gain. 2/ L’illusion que le contrôle sur un évènement  nous rend maîtres de nos vies. Or si on peut contrôler ses actes, on ne peut pas en contrôler les conséquences. 3/ Le mythe tenace selon lequel, l’information  c’est  le pouvoir : Ineptie à l’heure des réseaux sociaux.

La démobilisation des équipes, conséquence de la forte concentration des pouvoirs,  entraine  une inertie, de la soumission et  du désengagement. Les résultats seront toujours en deçà des espérances. Lorsque ces dirigeants et managers sont réfractaires à la remise en cause, n’écoutent aucune critique et veulent toujours entendre les louanges des laudateurs, ils fonctionnent en aveugle et s’enfoncent dans l’erreur.  C’est la myopie politique comme la myopie marketing qui est à l’origine de l’échec de beaucoup d’entreprises.

Les dirigeants  restent enfermés dans leur tour d’ivoire car personne ne leur donne de feedback. Leur incapacité à déployer une intelligence émotionnelle apte à booster la performance collective bloque toute capacité d’innovation dans le pays (ou dans l’organisation)  et produit du stress (tension) négatif néfaste pour l’atteinte des objectifs. La délégation a cette faculté de développer les compétences des collaborateurs.

L’aversion à la délégation plonge nos dirigeants et managers dans un autoritarisme tel que certaines pratiques comme les promotions canapé et autres chantages sont régulièrement  observés dans le système de fonctionnement de nos organisations. Certains dirigeants préfèrent  aller passer des vacances avec leurs maîtresses et laisser leurs employés trois mois sans salaires. D’autres bafouent  sans vergogne les règles du droit du travail.

Bien sûr que le besoin en leadership est manifeste dans ces conditions. Un leadership qui doit être incarné par quelqu’un de crédible et courageux, doté d’une certaine dose d’intelligence émotionnelle pour faire travailler ensemble des acteurs de sensibilité différente. « Etre visionnaire n’est pas à la portée de tous. Cela révèle une âme, un être qui n’est pas limité à ses sens ; une personne qui se soucie de l’avenir des autres sinon du sien. » – Elizabeth Gaskell.

Nos pays et nos organisations ont besoin à leur tête des patriotes visionnaires qui savent résister à l’aversion et prendre des décisions courageuses et salutaires pour changer la société et transformer la vie des populations. Excellente journée

Pep’s Gueye
Consultant Coach Certifié

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