La capacitation du secteur privé national est un préalable à l’émergence d’une nation. Un pays ne peut pas se développer sans un secteur privé national fort, structuré, dynamique, créatif, entreprenant et performant. L’indicateur de création de richesses dans un pays est la valeur ajoutée (Différence entre la production et les consommations intermédiaires). Plus cette valeur ajoutée reste dans le pays et plus le pays va s’enrichir et plus il disposera de moyens pour assurer son développement économique, sa protection sociale, sa politique de solidarité nationale, sa capacité d’autofinancement et ses investissements futurs.
La capacitation ou (empowerment) du secteur privé local suppose que certains préalables soient réunis. Il est important que les dirigeants soient regardants sur notre souveraineté politique, juridique, économique, monétaire, sociale et culturelle. La puissance publique doit montrer une réelle volonté de promouvoir un capitalisme national et des capitaines d’industrie locaux. Le patriotisme doit guider au choix prioritaire des acteurs et entrepreneurs locaux dans les projets de développement utilisant l’investissement public. Quand l’Etat doit logiquement faire appel à des investisseurs étrangers, le patriotisme économique doit l’amener à privilégier la création de filiales communes (joint venture) avec des privés locaux. Ces filiales communes sont propices à des transferts de technologies favorables au pays.
La bonne gouvernance publique et privée, la création d’un système bancaire national, la valorisation de la recherche scientifique et technique, l’aménagement du territoire, la transparence dans les marchés, la bonne information de tous les acteurs, le développement des investissements productifs, la création d’un appareil de formation professionnelle adapté, la disponibilité et l’accessibilité des facteurs de production, une Politique Nationale de la Qualité sont autant de facteurs qui peuvent contribuer à la capacitation du secteur privé national. Cet encadrement et cette politique d’incitation permettront au secteur privé local de développer :
– ses capacités à concurrencer et obtenir des avantages compétitifs dans le rapport Qualité/Prix/Services et atteindre la taille critique ;
– ses capacités technologiques par un investissement dans la recherche et développement et l’exploitation des transferts de technologie réalisés ;
– ses capacités d’innovation et de créativité par la valorisation des talents ;
– ses capacités managériales en profitant des filiales communes et des projets gérés pour se forger des compétences managériales ;
– ses capacités de financement sur le long terme que seul un système bancaire national peut permettre ;
– ses capacités humaines en se fournissant en main-d’œuvre sur un marché du travail où l’employabilité et les qualifications sont bien préparés et disponibles;
– ses capacités à exporter et à conquérir de nouveaux marchés en utilisant les données d’une diplomatie économique dynamique…
Le secteur privé local a droit à cette capacitation par la puissance publique. Il a aussi des devoirs envers la collectivité. Il doit en outre se comporter en organisation citoyenne, consciente de ses responsabilités sociale et sociétale, qui crée et préserve des emplois décents, soucieuse de la bonne gouvernance d’entreprise et de la gestion vertueuse de ses moyens et surtout conscience que toute entreprise est un bien social qu’il faut préserver en tant que tel (bannir les abus de biens sociaux et les pratiques informelles). Un pays est une entité qui doit rechercher une osmose entre les différents acteurs qui le composent pour aller vers l’émergence. Nos achats sont nos emplois. Excellente journée



