Osons changer d’ère, pour une économie du durable, du souhaitable et de l’activité, surtout au moment où le pétrole et le gaz font saliver certains prédateurs tapis dans l’ombre. Depuis la révolution énergétique, le développement spectaculaire de certaines économies est en fait un mirage qui risque d’exploser à l’égal d’une bulle spéculative. En effet cette économie se révèle déconnectée de la réalité et n’intègre pas certaines évidences qui relèvent pourtant du domaine du bon sens : les ressources sont finies et la vie est altérable.
En ignorant ces réalités, nous avons bâti un modèle de croissance très théorique, basé sur des lois économiques imaginées de toutes pièces. Les ressources naturelles, vivantes ou inertes, sont considérées dans tous les calculs comme illimitées, ou bien facilement substituables par des ressources équivalentes (seul le coût d’extraction pouvant éventuellement évoluer). Etant théoriquement infinies, elles sont donc toujours disponibles et gratuites. En conséquence notre économie est orientée par les différents acteurs politiques et économiques pour correspondre au modèle suivant :
– C’est une économie linéaire qui repose sur le principe : extraire-transformer-utiliser-jeter. En conséquence, le stock de matière première naturelle diminue tandis que le stock de déchets augmente. ;
– C’est une économie de l’obsolescence programmée : pour continuer à alimenter la machine, il faut programmer la fin de produits finis le plus rapidement possible, pour que le mécanisme ne s’arrête jamais ;
– C’est une économie de prédation, de gaspillage et de destruction ;
– C’est une économie mécanique et sectorisée qui empêche toute responsabilisation des acteurs…
Ce fonctionnement n’est pas compatible avec la pérennité des valeurs humaines et de la vie. Toutes les régulations à mettre en place doivent par conséquent orienter la finalité de l’économie pour qu’elle soit au service de l’homme et de la vie. C’est une nouvelle ère pour une nouvelle économie qui doit en conséquence être :
– Une économie circulaire, c’est-à-dire considérer le système économique comme des écosystèmes biologiques qui éliminent la notion de déchets (les déchets des uns sont les matières premières des autres) ;
– Une économie qui repose sur la fonctionnalité et qui privilégie la valeur d’usage d’un bien ou d’un service. Les produits seront donc conçus pour durer le plus longtemps possible, êtres solides, réutilisables, modulables et recyclables ;
– Econome, c’est-à-dire utiliser que ce qui est indispensable à son fonctionnement et préserver le bien commun ;
– Une économie bio-inspirée : pour être compatible avec les écosystèmes et les autres organismes vivants, elle doit être réintégrée dans le fonctionnement de la biosphère.
Ce nouveau modèle économique est loin d’être un retour en arrière, mais bien plus un formidable élan vers l’avenir. Ce modèle implique une vision globale et systémique qui respecte les principes de circularité, de fonctionnalité et de sobriété. Continuons le combat citoyen pour changer d’ère et placer l’homme et la vie au cœur de nos stratégies de développement. Continuons ce combat pour construire une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle république plus juste, plus unie, plus solidaire et en progrès. Excellente semaine



