De l’appel au dialogue politique par les autorités religieuses, on peut en tirer de nombreux enseignements. Encore une fois le dialogue est une vertu indéniable dans toute civilisation. Maintenant, il faut que ce dialogue soit authentique, c’est-à-dire sincère et naturelle. Pour cela, je pense qu’il est important qu’un certain nombre de préalables soient réunis. Les autorités religieuses doivent demander aux acteurs politiques de s’engager sur un certain nombre de points. Toute personne ayant bénéficié de privilèges indus est exclue du dialogue jusqu’à ce qu’elle rende les sommes incriminées et les biens mal acquis au trésor public. Les acteurs politiques doivent s’engager sur le respect scrupuleux des engagements électoraux, à quitter la tête de leur parti une fois élus à la magistrature suprême, à définir des règles précises de financement des partis et à préserver les ressources publiques. Les autorités religieuses doivent désormais refuser de recevoir des hommes politiques qui n’ont pas les mains propres. L’appel doit aussi faire que les sommes d’argent que les dirigeants publics et privés donnent aux confréries soient tirées de leurs biens personnels et non des biens publics ou issues d’abus de biens sociaux. Le dialogue social doit aussi rentrer dans les pratiques de bonne gouvernance d’entreprise. Il importe que les dirigeants d’organisations respectent un minimum de règles de droit du travail, de la sécurité sociale, de droit à la formation et à l’évolution de carrière. Le dialogue doit aussi s’affermir au sein des familles. La polygamie devient de plus en plus contre nature avec la crise économique et la recrudescence des divorces. Le code de statut familial doit incontestablement être réformé pour tenir compte d’un monde en constante mutation et de l’absolue nécessité d’équilibrer la cellule familiale. La violence au sein des couples doit laisser la place à un dialogue franc et constructif. Les religieux doivent lancer un appel à l’abandon des pratiques mystiques de destruction humaine et se consacrer au travail, à l’éducation et à la formation. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Les religieux doivent appeler leurs fidèles à adorer Dieu en premier avant tout autre être humain et se conformer aux préceptes divins. L’appel doit être pour l »abandon de la politique politicienne et se consacrer à la résolution des préoccupations des populations. Religieux et politiques doivent trouver l’équilibre entre le temporel et le spirituel pour que la société retrouve son équilibre. Excellente semaine



