Les démons de nos dirigeants et managers freinent la performance de nos organisations et par conséquent celle de notre pays. S’il y a une fonction où les erreurs de décision ou fautes de gestion sont les plus difficiles à réparer, c’est bien celle (stratégique) de manager ou de dirigeant. Bourguiba disait que « quand on préside aux destinées d’une nation, on ne doit pas se tromper ». Demander les suffrages d’un peuple pour présider à sa destinée suppose un sens élevé des responsabilités. Cette présidence ne tolère pas les deux poids deux mesures.
Les démons de la division ont conduit à des choix politiques qui ont largement contribué à notre appauvrissement. Les démons de la politique politicienne ont détourné nos dirigeants des réformes en profondeur indispensables à notre développement. Les démons de l’argent facile ont fait le nid des nombreuses pratiques informelles qui gangrènent notre société (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt et autre trafic d’influence). Les démons du népotisme et du clientélisme ont favorisé les connexions familiales et partisanes.
Nos dirigeants et managers sont incapables de dire non au spectre de leurs familles biologique et politique. Les conséquences sont malheureusement déplorables pour les concernés. Les connexions familiales et amicales ont été et sont toujours à l’origine de nombreux détournements de deniers publics et privés et des malversations financières inqualifiables qu’on observe tous les jours dans le pays. Les démons de l’argent facile ont fait le nid de la jalousie maladive, de la méchanceté gratuite, de l’oisiveté et des instincts criminels.
Les démons de l’intégrisme religieux guettent nos pays où la religion est devenue l’opium du peuple. La cohésion sociale est menacée et mise à mal par les dérives ethniques, claniques et sectaires. Les démons de la violence sont transportés jusque dans l’hémicycle de la représentation nationale pour illustrer l’état de déliquescence du corps social. Les dirigeants politiques préfèrent surfer sur ces incohérences comme pour diviser et mieux régner. Les démons du vouloir tout contrôler, tout vérifier, tout imposer créent chez nos dirigeants et managers un syndrome de l’excès de pouvoir nuisible au bon fonctionnement des équipes.
Cette sensation de l’épée de Damoclès sur nos têtes est un frein fondamental à l’épanouissement et à la mise en mouvement de notre société. Les démons doivent se transformer en anges pour faire bouger les lignes. Excellente semaine.
Pep’s Gueye
Consultant Coach Certifié


