Une révolution culturelle pour dire Assez à la mal gouvernance et pour instaurer un autre leadership africain et un autre management de nos nations :
– Assez de la persistance des ilots de richesses dans des océans de pauvreté ;
– Assez de la concentration de tout dans une capitale et un reste du pays préhistorique et dans le dénuement total ;
– Assez d’une classe dirigeante tapie dans leur tour d’ivoire, déconnectée des réalités et préoccupations du peuple, adeptes du culte de la personnalité, qui s’approprient tous les projets, se comportent souvent comme le descendant de Dieu sur terre et en valet de l’impérialisme international;
– Assez des dirigeants qui ne pensent qu’à leurs privilèges personnels et à ceux de leurs familles biologique et politique, qui préfèrent investir leur fortune (souvent indue) dans les paradis fiscaux et le luxe en occident;
– Assez d’une classe politique en campagne électorale permanente pour garder des prébendes ;
– Assez des pratiques récurrentes et persistantes de corruption, de concussion, de prise illégale d’intérêt et de trafic d’influence (un président n’a pas à intervenir pour le compte d’un entrepreneur privé et court-circuiter son Inspection Générale d’Etat) ;
– Assez de népotisme et de clientélisme ;
– Assez de deals, de manigances, de combinaisons, de manipulation des constitutions, de mainmise de l’exécutif sur le législatif et le judiciaire, de connivence entre le temporel et le spirituel ;
– Assez d’une armée, d’une police, d’une gendarmerie avec certaines têtes corrompues, payées et nourries gracieusement et qui ne peuvent éteindre aucun conflit ;
– Assez de la déliquescence morale et intellectuelle de la société ;
– Assez de méchanceté gratuite, de jalousie maladive, des pratiques fétichistes de destruction de l’autre, d’oisiveté, d’indiscipline, de saleté, de désordre… ;
– Assez d’une jeunesse (importante) abandonnée, désœuvrée et sans perspectives d’avenir sauf d’aller mourir en mer;
– Assez d’un chômage endémique et destructeur ;
– Assez d’une économie extravertie et dépendante à 90 % de l’extérieur ;
-Assez de pénurie d’eau et d’électricité alors que l’Afrique est entourée et irriguée d’eau et bercée par le soleil toute l’année ;
– Assez de l’afro-pessimisme, des clichés et autres préjugés sur un continent plus malade de ses dirigeants (qui divisent plus pour régner) que de ses peuples (qui n’ont jamais abandonné le combat citoyen)….
L’Afrique doit jouer sa partition en acceptant d’opérer des ruptures salutaires. Nous devons retrouver notre souveraineté (politique, juridique, économique, monétaire) pour élaborer notre propre modèle de société sur la base de nos spécificités culturelles, linguistiques, climatiques, géographiques, humaines…Nous avons besoin d’un New-Deal Africain (N.D.A.) pour élaborer un nouveau Plan Africain de Croissance et de Développement (P.A.C.D.). Des ensembles sous régionaux cohérents peuvent se constituer avant que tout le continent ne retrouve son harmonie globale. Le socle de cette nouvelle donne doit être un investissement massif dans l’éducation et la formation. Nous devons favoriser la mobilité sous régionale en matière d’apprentissage et de formation professionnelle pour que les jeunes africains apprennent les spécificités du pays voisin et développent leurs qualifications. L’investissement productif et l’emploi doivent être la priorité absolue pour doter le continent d’une classe moyenne forte et des moyens de faire vivre les solidarités agissantes.
La gouvernance politique et économique qui doit assurer la conduite de ce changement doit développer un leadership d’envergure avec des patriotes crédibles et courageux, dotés d’un sens élevé des responsabilités, détachés des choses matérielles, avec le sens du dépassement dans la prise de risque. Le système de valeurs des dirigeants (leurs croyances, attitudes, comportements, objectifs) devra être le socle commun pour la bonne gouvernance des entités nationales. Un mécanisme d’évaluation par les paires veillera à la pérennité de ce style de management. Cette stratégie doit installer durablement et pérenniser un environnement favorable à la réussite des projets dans le continent. Nous vivons dans un environnement mondial d’opportunités. Les nouvelles technologies nous permettent de faire des transferts et des sauts qualitatifs majeurs. Les dirigeants peuvent se réunir en vidéo-conférence par exemple et réduire les coûts de certains déplacements. Nous disposons de ressources humaines de qualité qui peuvent permettre une recherche fondamentale et une recherche appliquée pour le continent. Les entreprises peuvent en profiter pour adopter des stratégies volontaristes de recherche et développement pour innover et créer de la valeur en permanence pour les citoyens. Le sol et le sous-sol africains regorgent de ressources qui peuvent permettre une autosuffisance de consommation et des marges de manœuvre importantes.
L’Afrique ne va pas se recroqueviller sur elle-même mais elle va se comporter en véritable partenaire (gagnant/gagnant) dans les échanges mondiaux. Notre continent a droit à une qualité de vie, une santé, une protection sociale, un confort et un cadre de vie aux standards les plus exigeants et c’est possible. Excellente semaine


