Ce que l’industrie peut apporter à l’émergence de nos nations est inestimable. Ignorer l’industrie dans une stratégie d’émergence économique est un pure suicide. Nos plans de développement doivent par conséquent consacrer une part importante à la production de biens et services à travers la transformation de nos matières premières locales. L’industrie, malgré les nombreuses mutations en termes de plans sociaux et de licenciements, restent un secteur d’avenir qui offre de larges perspectives d’emplois. Nous devons réindustrialiser intelligemment nos pays pour permettre la création massive d’emplois, booster la consommation locale et la croissance de nos économies. Le principe du déploiement industriel offre de nombreux avantages en termes de profils de compétences.
L’option de l’industrie est une option pour l’emploi. Dans une industrie de nombreuses fonctions entrent en jeu. La fonction Recherche & Développement qui peut utiliser des ingénieurs généralistes et spécialisés pour favoriser l’innovation technologique et la conception des produits. La fonction Achat qui est devenue une fonction stratégique et qui utilise une équipe d’experts en spécifications et négociations. La fonction Production a la plus forte potentialité en matière d’emplois avec son lot d’opérateurs et de techniciens qualifiés. La Fonction Qualité et la Fonction Maintenance viennent garantir les conformités aux normes et la pérennité des outils de production. La fonction Distribution et Commercialisation est aussi pourvoyeuse d’emploi car une force de vente (interne ou externe) fait intervenir de nombreuses compétences dans l’encadrement et les équipes de terrain. Les métiers supports (administratifs et commerciaux) et les services qui gravitent autour de l’industrie offrent de nombreux gisements d’emplois.
L’option de l’industrie doit être traduite dans la politique d’éducation et de formation du pays. Il est important de développer la part des sections scientifiques et technologiques dans notre système éducatif et favoriser la formation en alternance des techniciens et opérateurs. L’enseignement de la gestion de la production doit être généralisé dans les écoles supérieures de management. La volonté politique doit permettre de favoriser des investissements productifs qui incitent à des transferts de technologie pour les promoteurs locaux. L’agroalimentaire, les énergies renouvelables (le solaire, l’éolienne, la marine et les biomasses), le tourisme, la culture, le numérique, l’électronique, l’électrotechnique, la mécanique, l’électromécanique offrent de nombreuses opportunités d’investissement industriel que des capitaines d’industries locaux doivent saisir pour créer une valeur ajoutée nationale.
L’option de l’industrie doit se traduire dans les politiques d’incitation de l’Etat. L’Etat doit favoriser l’émergence de ce tissu industriel de PME/PMI par des mesures incitatives et la création de structures d’encadrement qui encouragent la recherche et l’innovation. L’option de l’industrie incite à créer des pôles de compétitivité qui exploiteront les potentialités de nos régions. Les pôles industriels favorisent aussi le développement du marché de la sous-traitance industrielle et commerciale avec son lot d’entrepreneurs dynamiques et inventifs. Les nouvelles institutions financières créées et les nombreux fonds d’investissement qui opèrent maintenant en Afrique doivent soutenir cette nouvelle dynamique et favoriser la production et la consommation locales, mais aussi l’exportation. Nos ingénieurs, techniciens, concepteurs, développeurs n’ont rien à envier à leurs collègues des pays développés. Ils ont tous accès aux mêmes aptitudes, ceux qui réussissent sont ceux qui ont les bonnes attitudes dans un environnement incitatif. Nous avons le droit d’avoir notre propre outil industriel pour maintenir la valeur ajoutée dans notre pays car nos achats sont nos emplois… Excellente semaine



