C’est effarant la manière dont les politiques se comportent avec les deniers publics depuis les indépendances. Sous Senghor, même si l’orthodoxie budgétaire était relativement respectée, les notables du parti unique de l’époque et certains commis de l’Etat se sont bien servis dans le patrimoine foncier bâti et non bâti du pays. Certains terrains et logements leur étaient bradés. Sous Diouf, la dégradation des finances publiques a entraîné la mise en place d’un programme drastique d’ajustement structure qui a vu émergé la grande pauvreté au Sénégal. Le patrimoine foncier bâti et non bâti a continué à faire l’objet de prédation. Les logements étaient distribués gracieusement à des cercles d’amis et d’influences politiques et/ou sentimentales. Tout le système bancaire national est tombé en faillite à cause d’une gestion gabégique des ressources et d’un système politico religieux qui s’est goulument approvisionné en moyens financiers sans remboursement ni bourse déliée. Sous Wade, le bradage du patrimoine foncier bâti et non bâti a continué de plus belle et s’est même amplifié à des proportions jamais atteintes. Même si des réalisations infrastructurelles concrètes ont vu le jour, la corruption, la concussion, les prises illégales d’intérêt et autres trafics d’influence, qui ont accompagné ces réalisations, ont été érigés en règle de gouvernance. Les détournements de deniers publics n’ont jamais été aussi nombreux. Sous Macky, les litiges fonciers continuent de plus belle. On observe des faits qui démontrent que la même légèreté persiste. L’exemple de la dette de 7 milliards épongée pour la presse est là pour l’illustrer. C’est une véritable forfaiture et une façon cavalière de tordre le coup à l’orthodoxie républicaine. Wade s’était fait voté un budget de politique politicienne de 96 milliards de FCFA pour un pays pauvre surendetté de 12 millions d’habitants. Macky a presque maintenu ce budget en le ramenant à 76 milliards pour les mêmes objectifs (pour rappel le budget de la présidence française est de 75 milliards de FCFA pour un pays développé de 65 millions d’habitants). Non contents de piller en permanence les deniers publics, les régimes successifs ont tous fait et font encore le jeu du capitalisme étranger, des lobbies politico financiers, religieux, des sociétés secrètes et occultes. Les capitaines d’industrie locaux se comptent sur les doigts d’une seule main. Même certains d’entre eux ont été gracieusement servis par un pouvoir sans repères et valeurs patriotiques. Il n’est pas étonnant de voir des dirigeants politiques milliardaires qui n’ont jamais créé ni développé une entreprise. Respecter les ressources publiques, c’est respecter et aimer son peuple…Jummah Mubarak



