AccueiluneEdito du Jeudi : Parachever la révolution du 23 Juin

Edito du Jeudi : Parachever la révolution du 23 Juin

 » La révolution ne se fait pas uniquement avec les armes. Elle se fait aussi avec le pinceau du peintre, les ciseaux du tailleur, les scalpels du chirurgien, la hache du paysan, la voix du chanteur…. » Mouhamed Assaf, nouvel idole des palestiniens.Un immense espoir était né le 23 Juin 2011 après la déception de 11 ans d’alternance où le peuple avait donné carte blanche à un homme qui n’a pas su saisir l’opportunité pour changer le Sénégal. Il n’avait pas su utiliser le chèque en blanc pour effectuer les nécessaires et urgentes réformes structurelles dont avait grandement besoin notre pays. A la place il avait installé une gestion patrimoniale du pouvoir et enrichi honteusement ses familles biologique et politique. On aurait dit qu’il cherchait à rattraper 26 ans de lutte et de galère dans l’opposition en se livrant à des actes de prédation et de prévarication jamais vus dans l’histoire de notre pays. En plus, cet homme avait voulu nous imposer une dévolution monarchique du pouvoir et placer son fils à la tête de l’Etat comme dans certains pays d’Afrique où la dictature et le totalitarisme règnent en maîtres. Cette révolution est en train d’être trahie par la personne qui devait la parachever en entraînant le Sénégal dans la vraie voie de l’émergence en changeant les mentalités et les comportements déviants. Cette deuxième alternance a été une énorme déception et le peuple a l’impression que c’est un complot qui se trame depuis la première alternance où le mentor avait prédit 50 ans de pouvoir à son camp. La récente décision de libérer le rejeton qu’on voulait nous imposer ne fait qu’accréditer cette thèse du Plan B. Diversion, reniement et mal gouvernance sont le lot de ce système depuis quatre ans. On nous avait promis une gouvernance sobre et vertueuse et c’est tout le contraire qu’on observe actuellement. On va rajouter au train de vie de l’Etat déjà dispendieux, d’autres institutions inutiles et budgétivores. On nous avait promis la patrie avant le parti. On a vu des édifices publics peints aux couleurs d’un parti politique qui n’a cherché qu’à se massifier en dilapidant les deniers publics. Jamais la pauvreté n’a été aussi criarde, jamais les liens sociaux n’ont été aussi déliés, jamais l’école n’a été aussi exsangue, jamais le pays n’a été aussi livré au capitalisme étranger laissant notre secteur privé national moribond. Jamais le sentiment national n’a été aussi entamé devant la déliquescence de la société. Jamais notre société n’a autant besoin d’être mise en mouvement. Jamais le citoyen n’a autant besoin d’être réconcilié avec la chose politique. Notre révolution du 23 Juin 2011 reste à parachever par les nécessaires réformes en profondeur dans la manière de faire de la politique, par le respect scrupuleux des deniers publics, par un investissement massif dans l’éducation et de la formation des masses, par l’instauration d’un climat social propice au développement, par le développement des investissements productifs et la création d’emplois décents, en favorisant l’égalité des chances ,l’intérêt général et l’intérêt national. Notre révolution doit contribuer à l’émergence d’une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle république plus unie, plus juste, plus solidaire et en progrès. Excellente journée

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