Faire du développement du tourisme une cause nationale est une exigence et une urgence. Le Président de la République vient de faire une annonce sur la nécessité de booster ce secteur et la tenue d’un conseil présidentiel. Mieux vaut tard que jamais. Le tourisme est une manne économique et financière sous-exploitée dans notre pays. Il y a environ 2 milliards de touristes par an dans le monde. Un pays où il y a 12 mois de soleil, 8 mois de printemps, des centaines de Km de plage et de magnifiques paysages, peut légitimement ambitionner d’en accueillir au minimum 10 millions par an (au lieu de se cantonner à 500.000 par an). Pour faire de ce secteur un levier fondamental de développement économique et de création massive d’emplois, il est important que la fréquentation et les recettes profitent aux acteurs locaux. Notre pays ne doit pas servir de strapontin aux opérateurs internationaux et de lieux de villégiature pour une poignée de touristes en mal de chaire fraiche et de pédophilie. La volonté politique doit s’affirmer par la mise en place d’une diplomatie économique qui fera la promotion du pays sur les marchés étrangers. Notre offre touristique doit être présente dans les médias des pays pourvoyeurs de touristes. La puissance publique doit aussi créer les conditions internes de sécurité et de cadre de vie propices au développement de ce secteur.. Une stratégie marketing nationale doit accompagner le tourisme. Notre terranga (hospitalité) légendaire doit être relookée (débarrassée de toutes les pratiques informelles) pour en faire une véritable et authentique marque nationale. Chaque région du Sénégal pourra disposer de sa propre marque en fonction d’une spécificité régionale. Le secteur privé national doit s’engager dans la construction de nouveaux réceptifs de niveau qualitatif comparable à ceux qu’on trouve dans certains pays du Maghreb comme le Maroc et la Tunisie et ceci dans les différentes régions du Sénégal. Le développement des nouvelles technologies offrent de nombreuses opportunités de valorisation et de promotion du patrimoine touristique national. Un touriste occidental peut visiter un parc à Tambacounda sur son smartphone avant de fouler le sol du pays. Les promoteurs et créateurs de start up nationaux peuvent s’engouffrer dans la brèche et développer des applications. L’accueil des touristes est un vecteur fondamental. Le premier contact avec le pays doit être irréprochable. « On a rarement une seconde chance de faire une première bonne impression. La première impression est toujours la bonne même si elle est mauvaise ». La puissance publique doit veiller à dépolluer les aérogares, ports et sites touristiques du pays. Chaque grande ville du pays doit pouvoir disposer d’un aéroport et être accessible par train et par autoroute ou route à 2 X 2 voies. De nombreux secteurs d’activités (agroalimentaire, l’artisanat d’art, la restauration) vont bénéficier d’un boom touristique. Le potentiel existe dans l’écotourisme, le tourisme villageois, le tourisme d’affaires, le tourisme de balnéothérapie et même le tourisme médical si le pays améliore son plateau technique. Le marketing et les économies d’échelle doivent permettre de rendre accessible la destination Sénégal par un excellent rapport Qualité/Prix/Services. Les régions pourront valoriser leurs patrimoines culturel et artistique. Des centaines de milliers d’emplois pourront booster la croissance et assurer des débouchés aux PME/PMI locales. Le système éducatif et l’appareil de formation professionnelle doivent adapter leurs offres à cette nouvelle donne de l’économie du tourisme pour produire de véritables professionnels du secteur. Le tourisme d’un pays doit être vendu en premier lieu aux populations du pays pour qu’elles se l’approprient et en fassent la promotion partout dans le monde. La noblesse de l’action politique est de mettre en mouvement une société et non de la placer en campagne électorale permanente avec ses lots de violence, de manigances et de manipulation. Excellente journée.



