Jamais un peuple n’a été aussi meurtri par une situation de désarroi devant tant de mépris de la part du pouvoir. Le refus de l’actuel président de la république d’éclairer la lanterne des sénégalais sur les 74 milliards est symptomatique d’une république bananière. La genèse de cette affaire remonte au mandat précédent. Il faut dire que le peuple en a vu des vertes et des pas mures par le fait d’un seul homme (ou d’un seul clan) dont le destin aurait pu le conduire au panthéon des grands hommes de l’histoire. Les faits d’armes ont démarré lors de son accession à la magistrature suprême du pays après de longues luttes pour défendre la démocratie. Il décida unilatéralement d’amnistier son prédécesseur (pour quels délits ?). Après il se fait voter une constitution taillée sur mesure. D’aucun pouvait penser que l’objectif était de changer durablement les comportements et mentalités tant décriés durant 40 ans et booster le développement du pays. C’était une opportunité extraordinaire car tout un peuple était prêt au changement et lui avait presque délivré un chèque en blanc. Que neni, il congédia le premier ministre qui avait grandement contribué à son élection et qui voulait le respect de l’orthodoxie budgétaire et la morale républicaine, l’abandon des pratiques informelles (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence) pour avoir les mains libres, lui et ses familles biologique et politique. Ce fut le début de l’une des plus grandes opérations de prévarication et de prédation des ressources publiques que le Sénégal n’ait jamais connu. Les scandales financiers se succédaient à vue d’œil. Il imposa au peuple un projet machiavélique de dévolution monarchique du pouvoir car seul ce rejeton de rien du tout pouvait absoudre ses crimes économiques et de sang. Il prenait l’exemple sur le Togo et le Gabon (tu as l’armée, la police et la justice, tu peux faire ce que tu veux). Mais le Sénégal n’est pas le Togo ni le Gabon. Le peuple refusa un 23 Juin de cautionner cet énorme forfaiture. Il mijota une stratégie de replis en se dédiant (wakh wakhette) et forçant le conseil constitutionnel à valider sa candidature. Il fallait coûte que coûte que la stratégie de présence au pouvoir de 50 ans de son camp politique se réalise. Mais les jeux étaient faits pour lui. Le peuple lui avait définitivement tourné le dos. Son successeur lança une opération mains propres (la fameuse traque des biens dits mal acquis) en s’oubliant et en oubliant son prédécesseur. Etait-ce un plan B pour perpétuer la présence de ce camp politique ? La traque devient particulièrement sélective avec un agneau complice du sacrifice et d’autres prédateurs libres comme l’air. Où sont les milliers de milliards détournés en 12 ans ? Quelqu’un qui a laissé un pays exsangue, surendetté et sous-développé peut-il revenir pour se prévaloir d’une quelconque légitimité ? Son passif monstrueux efface tous les actifs usine à gaz qu’il a pu nous proposer. Le peuple avait droit à un inventaire qu’il n’obtiendra bizarrement pas. On nous bombarde de plans poudre aux yeux et obscurantiste pour nous forcer à oublier l’état de déliquescence du tissu économique, social et culturel du pays. Jamais le lien social n’a été si détérioré, une jeunesse si désœuvrée et en perte de repères. Les résultats du Bac des quatre dernières années ont montré cet état de déliquescence insupportable du corps social. Le pays est pris en otage par une mafia d’hommes politiques et de cercles religieux plus préoccupés par l’appât du gain que la satisfaction des besoins essentiels des populations. Il suffit d’observer comment les deux camps s’invectivent et se neutralisent par la répression pour comprendre la profondeur du mal. Aucun dignitaire religieux ne se lève pour dire stop. Cet état de fait est révélateur d’une forme de connivence entre une certaine classe politique et maraboutique fortement coalisées avec l’impérialisme et les lobbies pour perpétuer un système mafieux de domination de nos peuples. La rupture est urgente et salutaire pour un peuple qui n’en peut plus de subir les affres de la mal gouvernance publique et privée. Il en va de la paix civile et de la cohésion sociale. Excellente journée



