Et si l’histoire se répétait ? De quoi nos dirigeants ont-ils peur ? En 2001, un premier ministre de rigueur et de probité a été remercié un an après sa nomination parce qu’il voulait empêcher la prédation et les détournements de deniers publics. Le ministre des finances de l’époque, expert respecté de la banque mondiale, a subi le même sort. Une femme fut nommée premier ministre pour la première fois au Sénégal. Le Président élu en 2000 avait les mains libres pour s’enrichir et enrichir ses familles biologique et politique. En 2013, on semble vivre le même scénario. Un premier ministre réputé à cheval sur les principes de bonne gouvernance vient d’être remercié après un peu plus d’un an de gestion. Un banquier rigoureux et de grande expérience qui gérait le portefeuille de l’économie et des finances vient lui aussi de passer la main. Et rebelotte, on avait renommé une femme à la tête de l’équipe gouvernementale. Honorer une femme est un acte plus que divin et hautement symbolique. Le premier ministre actuel est un pur produit de l’establisment et défendeur des pratiques de l’occident capitaliste. Cependant l’histoire de notre pays est jalonnée d’actes qui utilisent les émotions pour berner les populations. Les préoccupations essentielles des populations ont été occultées par des pratiques trompe- l’œil, des faux semblants, usines à gaz, des tapalés et des thiakhanes à profusion. Voyages officielles à gogo, réception de prix et de décorations, recherche d’honneurs personnels, campagne électorale permanente et politique politicienne remplacent les inaugurations d’usines, les créations massives d’emploi, l’amélioration du cadre de vie et de la santé des populations, la recherche de notre autosuffisance alimentaire, l’innovation et la créativité. De quoi ont-ils peurs nos dirigeants ? Pourquoi créent-ils toujours leur ilot de richesses dans un océan de pauvreté ? Pourquoi ces largesses fiscales sans rendement ? En réalité, ils ont peur du changement. La perception du Risque, de la Perte et du Stress inhérents à tout changement est trop forte chez cette classe politique. Ils ont peur de réformer en profondeur la société. La meilleure façon d’honorer une femme et de l’émanciper n’est-elle pas d’abolir la polygamie dans ce pays et de mieux structurer la cellule familiale ? Ils ont peur de perdre les nombreux privilèges indus attachés à leur fonction. Ils ont peur de quitter les lambris dorés de la république. Ils ont peur de créer et d’innover, d’être autonomes et libres. S’ils avaient peur du bon Dieu, ils auraient géré le pays de manière efficace et efficiente, d’une manière désintéressée, dévouée et patriotique. Ils auraient placé l’éducation et la formation comme la priorité suprême. Ils auraient revendiqué les souverainetés politique, économique, monétaire, financière, sociale et culturelle du pays. Ils auraient fait la promotion de l’esprit d’entreprise leur cheval de bataille. S’ils avaient peur du bon Dieu, ils auraient abandonné et lutter contre les pratiques mystiques qui ont court au sommet de l’Etat et celles qui gangrènent le corps social. Ils auraient créé de la valeur pour les populations, éradiqué progressivement la pauvreté, libéré les forces vives des nombreuses contraintes qui les minent et mis le pays en mouvement. Excellente journée



