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Edito : De l’urgence d’agir sur l’humain

L’indice de développement humain du Sénégal démontre à chaque publication les carences de notre gouvernance politique. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Nos dirigeants s’entêtent à toujours chercher à enjoliver le paysage politique avec leurs différents plans et projets. Le Président de la république, lors d’un  conseil des ministres  affirmait ce qui suit : « La  mise en place du PSE ouvrait la phase critique de notre développement, en ce que nous devons aller plus vite pour amorcer les ruptures fondamentales nécessaires pour asseoir une croissance inclusive, durable et équitable. Il a expliqué les 3 dimensions qui sous-tendent le Sénégal Emergent, à savoir la vision, la doctrine d’action et le leadership développeur à imprimer à tous les niveaux du corps social et de la vie nationale. La nouvelle dynamique implique nécessairement un nouvel état d’esprit patriotique, une culture d’excellence et de consensus dans le travail, un sens élevé de la solidarité et du bien être collectif. »  On ne peut qu’approuver une telle déclaration d’intention. Cependant entre les intentions et l’action, il peut se passer de nombreuses contingences qui peuvent freiner l’obtention de résultats. Ceux qui déploient un trésor d’ingéniosité pour convaincre des bailleurs de fonds sont ceux là même qui vont déployer le même trésor d’ingéniosité pour détourner une partie des fonds destinés aux projets. Ces prédateurs sans scrupules sont tapis dans l’ombre et attendent, comme des rapaces,  le moment propice pour sauter sur la proie. Les détournements d’objectifs sont légion dans notre pays depuis le compte K2 de Senghor. Tout le tintamarre qui est fait autour des milliards obtenus n’est que  de la manipulation des esprits pour faire oublier les milliers de milliards détournés. C’est le cycle infernal des prédations éhontées de nos ressources publiques qui se poursuit. Il n’y a qu’à observer les tiraillements et guerres de positionnement et même les batailles rangées au sein du Parti-Etat. Quelles sont les véritables ruptures fondamentales qui permettront de faire émerger notre pays ? Je regrette Monsieur le Président de la République, vous ne touchez pas encore au cœur du problème. Vous voulez ériger un Sénégal émergeant sur des fondations qui sont en ruine. La structure sociale, en pleine déliquescence, est un frein fondamental à la mise en oeuvre de tout projet de développement. Votre crédibilité personnelle pose aussi problème. Je vous suggère quelques pistes  Monsieur le Président de la République :

  • Un poisson pourrit toujours par la tête. C’est à la tête de l’Etat que les changements doivent démarrer. Arrêtez d’accuser les fonctionnaires et les citoyens, Il en existe d’honnêtes et de dévoués. Donnez l’exemple de bonne gouvernance et votre administration vous suivra. Abandonnez le népotisme et le clientélisme dans l’administration. Démissionnez de votre poste de chef de parti et restez le Président de tous les sénégalais. Commencez par rendre au trésor public la partie de votre fortune que vous avez avouée avoir obtenue par des privilèges de votre prédécesseur et demandez pardon au peuple sénégalais. Vous demanderez à toutes les personnes qui ont occupé des fonctions publiques de faire comme vous. Sur cette lancée, vous créerez un Comité Vérité et Récupération pour faire la lumière et recouvrer tous les biens mal acquis depuis les indépendances. Réduisez drastiquement le train de vie de l’Etat en réduisant considérablement tous les budgets de politique politicienne de la présidence, des autres institutions et ministères, les avantages disproportionnés de certains dirigeants de sociétés nationales, et éliminant définitivement les fonds politiques ;
  • Convoquez toutes les forces vives de la nation (tous les chefs religieux de toutes les confréries du pays, tous les syndicats de travailleurs et d’employeurs, les partis politiques, la société civile, le mouvement associatif, le monde sportif et les acteurs culturels, des représentants de la jeunesse, des étudiants et du troisième âge) au palais de la république et demandez-leur de faire avec vous une déclaration solennelle pour demander à leurs membres, disciples et à tous les citoyens du pays : d’abandonner toutes les pratiques informelles comme la corruption, la concussion, les prises illégales d’intérêt, les trafics d’influence, les pratiques mystiques, le fétichisme, les détournements de fonds et d’objectifs, la jalousie maladive, la méchanceté gratuite, la trahison, la cupidité et l’oisiveté, l’argent facile, les deals et les manigances, les gaspillages et dégradations de biens, la saleté et l’indiscipline, les tapalés et les thiakhanes, de se départir du système des castes, de tout ethnicisme, clanisme et sectarisme…et de s’orienter vers les valeurs du travail, du courage et de l’abnégation, de faire vivre les solidarités agissantes, de se réjouir des succès et des réussites de leurs compatriotes et les encourager, de développer leurs compétences et leur compétitivité, leur créativité et le sens de l’innovation, la propreté et la discipline, de privilégier l’égalité des chances, l’intérêt général et l’intérêt national, de privilégier la production et la consommation locales, une gestion saine et vertueuse de toutes les organisations, de favoriser l’éducation et la formation dés le plus jeune âge, de lutter contre toutes les inégalités et les injustices, de revenir aux valeurs humaines authentiques de la religion… ; Le cas échéant, si vous n’utilisez pas tous les leviers (justice, police, gendarmerie) du pouvoir pour impulser une nouvelle dynamique et mettre en mouvement notre société en réformant l’humain, vous aurez failli à votre mission;
  • Attaquez-vous à la polygamie qui a cessé de jouer son rôle de régulation sociale et qui est devenu une perversion totale de notre système familial et la cause de nombreux maux de cette société. Observez certaines personnes de votre entourage et celles qui ont côtoyé le régime précédent. Elles ont pris 2 à 3 femmes de plus depuis leur accession au pouvoir, avec bien sur les fonds publics et les fonds politiques plus faciles à mobiliser  et à détourner pour faire leur bamboula personnelle. Ces polygames sont plus vulnérables aux pratiques informelles. Observer ceux qui pratiquent le « mosse mouthe » dans tous les cercles de pouvoir. Demandez aux dignitaires religieux de s’impliquer  dans ce combat pour l’équilibre de la cellule familiale… ;
  • Les nouvelles institutions financières pour le développement sont à saluer. Cependant, le système financier (banques et assurances) actuel est-il en phase avec nos exigences de développement ? Nos PME/PMI ont besoin de financement sur le long terme et elles n’arrivent pas à se financer avec le système actuel. Notre arrimage à l’euro est-il favorable à notre économie fortement dépendante des entreprises étrangères ? Le prix des produits manufacturés souvent importés de l’étranger sont à un niveau inacceptable pour un pays pauvre surendetté avec un faible niveau de revenu moyen. Notre agriculture est agonisante et mérite un meilleur traitement. Le taux d’épargne et le taux d’investissement laissent à désirer. Des ressources humaines sont disponibles pour y remédier ;
  • Profitez de cette dynamique pour lancer une Politique Nationale de la Qualité (P.N.Q.) qui permettra de mettre en œuvre trois actions fondamentales : Ecrire ce qu’on va faire (des manuels de procédures simples et efficaces), Faire ce qu’on a écrit (des réalisations transparentes et sécurisées), Contrôler ce qu’on a fait (des suivi-évaluations de toutes les actions). L’Education et la Formation, la Méthode, l’Organisation et la Communication seront les chevilles ouvrières de cette PNQ. Les aspects humains de la qualité sont fondamentaux ;
  • Engagez un véritable pacte de citoyenneté avec le vaillant peuple sénégalais pour construire une nouvelle République plus Juste, plus Unie, plus Solidaire et en Progrès. Réformez l’humain…

Le même système produira les mêmes perversions si certains préalables ne sont pas réunis. C’est un nouveau citoyen qui  peut accompagner nos projets de développement. C’est un véritable leadership (fait de courage et de crédibilité) qui permettra de réussir ces réformes indispensables à l’émergence de notre pays. Excellente journée

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