[dropcap]Personne ne peut nier les vertus du dialogue dans une société en mouvement. Le dialogue permet à différents acteurs de se concerter pour aboutir à des solutions consensuelles et à des compromis sans compromissions[/dropcap]. Donc le dialogue doit être authentique c’est-à-dire sincère et naturel. Il doit être dénué de toute manipulation et enjeux troubles. Nous observons, cependant, une drôle de conception du dialogue chez certains acteurs de notre société, particulièrement chez les politiques. Le dialogue politique, national et citoyen est indispensable lorsque certains actes engagent l’intérêt supérieur de la nation. Mais force est de constater que certains politiques utilisent l’arme du dialogue pour amadouer l’adversaire ou faire de la diversion. Comment peut-on appeler au dialogue après avoir truqué et fraudé des élections ? Demander un report des élections locales pour parler de la décentralisation me semblait un peu léger comme argument. Peut-on appeler au dialogue et brandir au préalable l’arme du « Je » ? Les acteurs politiques ont la responsabilité de s’entendre une fois pour toutes sur les règles de fonctionnement démocratiques de la nation et de n’effectuer des changements que lorsque ceux-ci constituent un réel progrès. Le dialogue me semble plus approprié en début de mandat pour inviter toutes les forces vives de la nation à une analyse approfondie des nécessaires réformes à effectuer pour changer la société et la mettre en mouvement. Ce dialogue pourrait prendre la forme d’un ndeup (exorcisme) collectif pour identifier et extirper ensemble tous les maux qui gangrènent notre société. Le Président de la République serait plus crédible dans la promotion du dialogue s’il n’était pas chef de parti politique. Dans une démocratie vivante, un parti au pouvoir a la légitimité de gouverner et une opposition doit avoir le droit de s’opposer. Dans ce contexte, un dialogue pourrait réunir tous les acteurs pour trouver des solutions sur des thèmes comme le financement des partis politiques, le respect du calendrier républicain, l’éradication des pratiques informelles (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt et trafic d’influence), la relation entre le temporel et le spirituel. Le dialogue social doit permettre aux partenaires sociaux de mieux réguler les relations sociales au sein des organisations, d’éradiquer les abus dans le droit du travail et placer l’humain au centre des préoccupations de nos organisations. Le dialogue inter religieux doit se renforcer dans le sens d’une meilleure prise en considération des priorités du spirituel et dans la défense des valeurs cardinales qui font une société de paix, de justice, d’unité, de solidarité et de progrès. Le dialogue intergénérationnel doit être le socle de nos valeurs et la garantie d’une société qui intègre plus qu’elle n’exclue. Oui pour un dialogue permanent, authentique et sans exclusive pour réfléchir et trouver ensemble des solutions aux préoccupations de nos sociétés. Jummah Mubarak et excellente journée



