L’inspecteur des impôts Modou Habane Séne a été appelé à faire ses comptes devant le tribunal correctionnel. Il est poursuivi pour détournement de deniers publics et escroquerie sur les deniers publics. Selon nos confrères du quotidien, l’Agent judiciaire de l’Etat a demandé une somme de 200 millions de Fcfa en guise de réparation.
Les faits remontent au 9 octobre 2017. L’inspecteur des impôts Daouda Sembéne avait commandité une mission d’audit au niveau de la perception de Dakar. Cette mission avait permis de remarquer plusieurs anomalies. Sur les recettes et autres dons. Il a noté des écarts et manquements respectivement de plus de 166 millions et 21 millions de Fcfa. Selon l’enquête, il procédait à des remises de quittances à des patrons d’entreprises sans verser l’argent dans les livres de l’État.
Interpellé sur les faits, il a reconnu avoir soustrait et usé de faux à l’enquête préliminaire. Devant la barre, Modou séne a nié les faits. « Je suis responsable, mais je ne suis pas coupable », a-t-il dit aux juges. Poursuivant ses propos, il explique, « ces chefs d’entreprise à qui j’ai des quittances devraient soumissionner, mais ils n’étaient pas en règle. C’est pourquoi je leur ai délivré pour leur permettre de postuler à des marchés afin d’honorer à leur devoir. Je ne le faisais pas dans le but de m’enrichir, mais d’atteindre un objectif de recette, car si les sociétés ne gagnent pas les marchés, elles ne pourront pas payer. »
Pourtant dans le procès-verbal d’enquête, il est fait mention que des tierces versaient l’argent directement entre ses mains. Des déclarations confirmées par Amadou Coly Diop, agent de l’État entendu lors de l’instruction. Devant le magistrat-instructeur, Modou Séne avait deux remarques. Il disait que des quittances avaient des défauts de fabrication et la raison pour laquelle il les utiliser provisoirement. « Si c’était pour détourner, je n’aurais pas détourné 100 millions, mais 1 milliard, car je faisais des recettes mensuelles de 6 milliards », a-t-il soutenu.
Pour bénéficier d’une liberté provisoire, le prévenu a cautionné 36 millions de Fcfa et mis en garantie sa maison d’une valeur de 100 millions Fcfa. Selon l’Agent judiciaire de l’État (Eje), un fonctionnaire ne doit pas être milliardaire. « Un fonctionnaire ne peut pas avoir des comptes fournis. S’il devient milliardaire, c’est parce qu’il a détourné des deniers publics », a dit le défenseur des intérêts de l’État qui a réclamé en guise de réparation 200 millions de Fcfa. Le tribunal rendra sa décision le 18 mai prochain.



