Déthié Fall n’a pas du tout été tendre avec les membres de la Cena et les autorités étatiques. Hier, à la rencontre entre le contrôleur des élections et les autres acteurs, le représentant de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal a douté de la bonne foi de la Cena, qui a réagi aussitôt après l’interpellation du chef de l’Etat, par ailleurs chef de parti et chef de coalition, alors que, depuis longtemps, l’opposition, qui a écrit au président Doudou Ndir pour attirer l’attention sur les manquements du processus électoral, n’a jamais eu une oreille attentive. Trouvant que la rencontre convoquée hier était une mascarade, il a tout bonnement vidé les lieux, non sans cracher ses vérités.
Pour trouver un consensus sur la question des nombreuses listes qui risquent d’impacter négativement sur le vote, la Cena n’a pu compter sur Déthié Fall. Le représentant de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal a tout simplement craché ses vérités à Doudou Ndir et compagnie, avant de claquer la porte. «Nous nous sommes aussi interrogés sur les fonctions, ou tout simplement sur l’exercice de la Cena. Parce que pour le code électoral, il est dit que la Cena ne doit recevoir ni ordre, ni injonction d’une autorité publique ou privée. Et vous avez constaté avec nous que les membres de la Cena ont attendu que le président de la République, lors de la prière de Korité, les interpelle, pour qu’ils convoquent la classe politique », souligne le vice-président de Rewmi.
Pour lui, la posture de la Cena est d’autant plus suspecte qu’elle a réagi aussitôt après une interpellation du chef de l’Etat, alors que l’opposition qui dénonce des manquements dans le processus depuis des mois, ne parvient pas à se faire entendre. «L’opposition a eu à se plaindre sur ces irrégularités manifestes, tout au long du processus électoral, et nous ne les avons pas entendus », souligne Déthié Fall
Très en verve, il a dénoncé la mauvaise gestion du processus électoral, qu’il attribue aux limites intellectuelles et à l’amateurisme de l’Etat et de ceux qui gèrent les élections. «Le président Macky Sall ne cesse de décevoir. Aujourd’hui, après plusieurs années de démocratie, nous voilà dans un système électoral au rabais ». Pour lui, «on ne peut pas concevoir qu’à 30 jours de la tenue des élections du 30 juillet 2017, la loi électorale soit modifiée en son article L78».



