Les évêques de France sonnent l’alarme : « Si nous parlons aujourd’hui, c’est parce que nous aimons notre pays et que nous sommes préoccupés » affirment-ils dans une lettre qui a fait l’effet d’une petite bombe dans le landerneau politique français.
Pour les évêques : « il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas se rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère qui habitent une part importante des habitants de notre pays. Il faudrait être indifférents et insensibles pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national. » Un cri du cœur qui sonne comme un désaveu de toute une politique menée depuis de longues années en France.
Si les évêques de France prennent la parole avec une telle force, ce n’est pas pour se faire valoir. Car ces hommes ne cherchent ni la célébrité, ni la richesse, ni le pouvoir. C’est pour alerter les politiques, les médias et tous les Français.
Leur implantation (locale, rurale et urbaine) fait que les hommes et femmes d’Église sont les premiers témoins de ce que vivent les Français. « Ils voient un pays qui se morcelle ; une société à fleur de peau plongée dans l’immédiateté ; de nombreuses familles inquiètes des bouleversements induits en catimini dans la filiation et l’éducation de leurs enfants. » précise la lettre.
Les évêques pointent du doigt le nombre de plus en plus grand de personnes laissées au bord du chemin : « Plus que jamais, nous sentons que le vivre ensemble est fragilisé, fracturé, attaqué. Ce qui fonde la vie en société est remis en cause. Les notions traditionnelles ne représentent plus la même chose pour tous. Alors même que l’aspiration est forte, il semble devenu de plus en plus difficile de se parler, les sensibilités sont exacerbées, et la violence, sous une forme ou une autre, n’est jamais loin. ». Voici la triste description de ce que la société française est devenue.
Nous qui avons été colonisé par la France, nous subissons de plein fouet cette forme de crise des valeurs. Nous attendons de nos religieux le même cri du cœur face à l’état de déliquescence avancée de notre société. Et pire, nous avons abandonné les aspects positifs de notre compagnonnage. Un véritable dilemme.
La rédaction



