Waa ma ne, je dis hein, Booba même c’est qui ? Le petit ourson ? Wala ? Da may laaj rekk ?
Il a dit quoi encore ? Haha doo tu ko defati de. Tout ce que j’ai lu là ? Tchieeee
Bon moi je le consomme pas hein. Je ne comprends rien de ce qu’il dit dans les deux sons (dont j’ignore le titre) que j’ai écoutés par accident… A part des insultes bien sûr. Et dans la B.A, je n’ai entendu que « Ouaiiis ouaiiiis… DKR », en position hyper relax quoi. Rien que pour ça, je n’aurais pas été à son concert lol. Donc ça ne m’intéresse pas.
Je préfère regarder la dernière vidéo de Omzo Dollar (UNE TUERIE) ou écouter PPS me faire une métaphore entre la mère et la sève nourricière des plantes (gàncax). Ou encore Fou Malade et Fadda Freddy me faire une analyse pointue de notre justice et la situation infernale dans les prisons. Je préfère voyager avec Canabasse qui me dit « Kaay nu dem ». Je préfère que Dip me dise « lu bandit di niróol », on verra d’ailleurs si l’autre est un bandit comme il le prétend. Je préfère la diction et le flow de Elzo. Mieux, je préfère et Xuman et Keyti dont le JTR est repris partout dans le monde. Du RAP UTILE. Quand l’élève que je suis, amoureuse de littérature et de poésie, les écoute, je peux réviser mes cours de figures de style (allégorie, métaphore, métonymie, chiasme, oxymore, personnification – Ourson lol ..) Limite, je préfère Makhou Pobar. Wala Kheushhhh. Valaa ????
Eux, je comprends ce qu’ils disent. Et je sens qu’ils réfléchissent avant de parler/rapper, ils sont conscients du rôle social qu’ils ont et partagent les maux et peurs du peuple SÉNÉGALAIS. Eux, ils font notre fierté, partout où nous serons dans ce monde. Connus ou pas, ils auront servi à leur peuple. L’argent, ils ne le mettent pas devant, sinon ils auraient dépassé l’ourson par n voies de contournement.
Bref. Le problème, ce n’est pas Booba, frère de Frisquette (Permettez les punchlines, on est en rap, celui de Ngaka BlinD) ; le problème, c’est nous. Nous consommateurs. Nous sénégalais. Admettons-le : Ñun da ñoo xeeb sunu bopp ; xeeb sunu bopp, xeeblu sunu bopp.
Quand un artiste local se produit, quel que soit son super talent « INTERNATIONAL », nous on s’en fout, ça ne nous touche guère. La B.A est de suite zappée ; encore que c’est une ou deux chaines de TV qui en parlent… La com en elle-même tue prématurément l’événement. Certains se mettent totalement de côté « Non j’irai pas. Le gars il est impoli. Saaga rek lay def. Dafa reew. Et puis il se la joue trop ». D’autres, fans pourtant, iñaane nañ la soutenir « Je sais qu’il a du talent, mais dafa yëgg boppam, dafa fuuy. Je n’irai pas le voir di ka may buzz ». D’autres encore en feront un ennemi simplement parce qu’il a biffé leur artiste préféré ou qu’il s’est disputé avec untel et donc l’ennemi de mon ami est mon ennemi…
MAIS, complexe paradoxal sénégalais, dès qu’un non sénégalais débarque…
C’est LE ROI, d’office. Même si c’est le plus nul de son pays, le plus con, le plus indiscipliné, le plus gros « insulteur » du siècle…nous en faisons tout le suite un HÉROS. Com impec (les publications sur Facebook, tout le monde en parle sans besoin d’être payé) soutien mairies et ministères, sponsors (nos entreprises locales) à flot, concert guichet fermé avec le prix d’un ticket qui double celui de nos vaillants jàmbaar nationaux. Pour recevoir quoi au final ? Rien. Que dalle. Ah oui, si, des insultes ak baat bu xuur en playback svp. Waa ji dey taxaw, « f*cking » ñu ba nu sonn, ñuy yuuxu naan ‘Yeahhh’. Xale yu jigéen yi di xëm ndax teint gloria ak tablettes de chocolat ak toqu calichon (DaroVoice)+ strass. Baat bu neex ak talent moom doo ko dégg. Jamais.
Davido il a fait quoi en concert à Dakar ? Lëmbël ?! Pour ne pas dire l’autre mot, son frère plus vilain. Mbiskit (Wizckid), il a perdu sa voix pour un live « playbackisé ». Aucun lien avec cette superbe voix qui nous faisait rêver. P-Square ils nous ont servi quoi concrètement ? Des bisous à NOS filles, un concert (concours) d’abdo : qui est le plus sexy, qui est le plus musclé, qui est le plus aimé… Qui encore ? Je n’ai rien contre eux, je les consomme.
Après, ils empochent leurs millions et repartent tranquillou chez eux. Laissant nos artistes pleins de talent, mais moins aimés par leur pays, moins promus, moins « connus »…
Si nous voulons que les choses changent, au profit, de tous, investissons-nous dans nos productions locales d’abord. La main de chacun doit être sentie. Arrêtons de ne voir le talent de nos artistes que quand les autres les sacrent. Aimons-nous, soutenons-nous mutuellement. Croyons en nos potentiels et exploitons-les au maximum. We can have it, if we want it (Mao-Books). Et après, on pourra aisément nous ouvrir au reste du monde.
Si nous voulons nous faire respecter, respectons-nous !
Donnons-nous de la valeur, on nous le rendra.
MFS,
La rappeuse, weshh ????



