Le Chef de l’Etat s’est rendu hier mardi à Rufisque, avec une forte délégation du gouvernement pour présenter ses condoléances à la Famille du Defunt Me Mbaye Jacque Diop. Macky Sall a évoqué une personne humble, avec qui, il a beaucoup appris en matière d’analyse politique. Il a aussi peint Mbaye Jacques Diop comme un vrai combattant.
Le chef de l’Etat d’ajouter qu’il a toujours été un admirateur du défunt, ce qui, selon lui, explique la raison de sa présence à Rufisque : «Quand on perd un modèle, un ami tout ce qu’on peut faire après c’est prier pour lui, et apporter les témoignages qui s’imposent en de pareilles circonstances. Nous avons espoir pour lui, car tout le monde lui connaissait sa générosité, sa bonté, son courage politique, c’était un combattant tout ce qu’il a eu, il l’a obtenu après d’âpres luttes »
Jusqu’à son rappel à Dieu, Me Mbaye Jacque fut l’emblématique responsable de l’association des « porteurs de pancarte du Sénégal », du nom de jeunes sénégalais qui ont marché le 26 août 1956, place Protêt de Dakar, actuelle place de l’Indépendance pour réclamer l’indépendance du Sénégal et dire non à la proposition de Gaulle de former une Fédération avec la métropole française.
Mbaye Jacques Diop militait depuis déjà deux ans au Bloc démocratique sénégalais (BDS), le futur Parti socialiste (PS), qu’il avait intégré en 1954. Député sans interruption de 1981 à 2004, Mbaye Jacques fut pendant toutes ces années le responsable « indéboulonnable » du Parti socialiste à Rufisque, une cité historique réputée très politique depuis la période coloniale française.
Après avoir démissionné du PS le 2 mars 2000, il fonde la même année sa propre formation politique, le Parti pour le progrès et la citoyenneté (PPC), le 30 mai 2000. Le PPC fusionne avec le Parti démocratique sénégalais (PDS) en avril 2002 et Mbaye Jacques Diop devient membre du comité directeur du parti de l’ancien président Abdoulaye Wade en mai 2004.
Il préside ensuite aux destinées du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (août 2004-septembre 2007) avant de reprendre la direction du PPC, le 10 avril 2012, suite à sa rupture avec le PDS.
De fait, le défunt maire honoraire de Rufisque était un « intelligent politique ». Il savait apprécier les situations successives, jauger la détermination des adversaires et mesurer les ressources qu’ils sont susceptibles d’utiliser, comprendre la nécessité de « savoir terminer » un conflit lorsque la probabilité d’échec augmente. Cette finesse dans l’analyse des situations l’a très tôt poussé à se doter d’une base affective dans son fief de naissance.
La Rédaction.



