La démission d’Ibrahima Hamidou Déme au conseil supérieur de la magistrature a fait couler beaucoup d’encre. Cette démission risque de perturber le secteur de la justice. En fait, le magistrat ne s’est pas simplement limité à démissionner. Il a envoyé une lettre au président de la République pour lui faire part des manquements et le manque de transparence dans le choix des magistrats.
Pour lui, la justice ne doit pas être influencée encore moins, être une arme de destitution des citoyens. Une révolte d’un haut fonctionnaire qui n’est pas nouveau au Sénégal. L’on se rappelle du cri du cœur de l’inspecteur des Impôts Ousmane Sonko. Qui aussi, s’est permis de dénoncer les coups bas dans son secteur. Malheureusement, il a fait l’objet de sanctions disciplinaires allant jusqu’à sa radiation. C’est pourquoi, les sénégalais se posent des questions sur les lendemains de Ibrahima Hamidou Déme.
Interrogé sur la question, le président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) Maguette Diop soutient dans les colonnes du journal L’observateur qu’on ne peut pas parler de démission dans cette affaire. Car pour lui, ce dernier doit rester afin de porter ce combat. Il rappelle pour que l’Ums n’a pas encore pris une décision sur cette affaire.
Me Assane Dioma Ndiaye, lui se dit être en phase avec la démission d’Ibrahima Déme. Car lorsque ce dernier a reçu le mandat de ses collègues pour les représenter au sein du conseil supérieur de la magistrature, il avait l’obligation de bien représenter ses collègues. Il a décidé tout simplement de quitter car il pense ne pas pouvoir accomplir les vœux de ses collègues. Il faut saluer le courage de cette personne. En tout cas, il vient de démontrer à tous ceux qui en doutaient que la justice n’est pas indépendante.
Néanmoins, d’aucuns pensent qu’il était tenu d’une obligation de réserve. L’obligation de réserve du magistrat n’est pas particulièrement définie, mais s’analyse comme l’exigence faite au magistrat d’observer dans son lieu de travail et les lieux publics, un comportement qui ne viole pas le serment qu’il a prêté « d’observer en tout réserve, l’honneur et la dignité que ses fonctions (de magistrat) imposent ». Plus explicitement, interdiction est faite au magistrat par l’article 11 du statut d’adhérer à un parti, de participer à toutes manifestation politique, de manifester une hostilité au principe ou à la forme du gouvernement ».
A travers ces principes énoncées, l’Etat serait peut être tenté, comme dans le cas de Sonko, prendre une mesure disciplinaire contre le magistrat Ibrahima Hamidou Déme.


