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Bilan de la 12e Législature: Un bilan pas du tout rose pour Moustapha Niass

Pendant cinq ans, l’Assemblée nationale a travaillé, avec interruption (vacances) pour accomplir ses fonctions essentielles, qui sont de voter des lois, d’examiner, discuter et adopter les budgets, mais aussi de suivre et contrôler l’activité gouvernementale. Au terme de la 12e Législature qui prend fin le 30 juin 2017, tout n’est pas rose. La majorité applaudit, mais pour l’opposition parlementaire, c’est la Législature la plus ‘’nulle’’ de l’histoire parlementaire du Sénégal.

Pendant cinq années, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, et ses collègues ont promis aux Sénégalais une rupture. Une Assemblée au service de son peuple. Un parlement indépendant de l’exécutif. Une rupture totale. À l’heure du bilan, le député libéral, Modou Diane Fada en pouffe. « Quelle rupture ! » , s’indigne l’ancien président du Groupe parlementaire des Libéraux et Démocrates. Aujourd’hui député non-inscrit, Diagne Fada trouve que cette 12e Législature est la plus nulle qu’il a connue.

« Je suis à ma troisième Législature. Mais d’après ce que j’ai vécu, cette 12e Législature est la plus nulle, la plus faible. Et a battu le record des levées de l’immunité parlementaire », déplore Diagne Fada. Pour le leader du parti « les Démocrates réformateurs /Yessal » (Ldr /Yessal), en dehors du débat budgétaire qui a toujours été bâclé, des questions orales et d’actualité, l’Assemblée nationale, sous Moustapha Niasse, n’a pas tenu ses promesse.

Son idée est d’autant plus partagée par son collègue du parti Rewmi, Thierno Bocoum. Qui selon lui, cette 12e Législature fait tout sauf dans le changement. D’après le député « Rewmiste », la majorité a failli sur plusieurs points. Elle n’a pas été présente pour les grandes ruptures qu’elle avait annoncées et promises aux Sénégalais.

Par contre, le troisième vice-président de l’Assemblée nationale a un regard beaucoup plus différent que celui des adversaires politiques de l’opposition. Abdoul Mbow fait un diagnostic beaucoup plus reluisant de la 12e Législature, sous le régime de son patron, Macky Sall. Elle n’a été présente pour les grandes ruptures qu’elle avait annoncées et promises aux Sénégalais. Parce qu’il y a eu des avancées significatives dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, » défend-il. 

Selon le Professeur Ababacar Guéye, chercheur à l’Ucad, cette 12e Législature n’a été ni meilleure, ni pire que les précédentes. On a retrouvé sensiblement les mêmes problèmes et failles. Elle se caractérise, sauf quelques rares exceptions, par une faiblesse du niveau des débats et des interventions, par les invectives, insultes et attaques personnelles entre députés, le contrôle de l’Exécutif est resté ineffectif. Pour cela, le professeur Guéye prône une amélioration au sein de l’administration, en commençant selon lui, par la qualité des députés, leurs recrutements, par delà les considérations politiques, devront aussi reposer sur des considérations techniques.

Moussa Diaw, enseignant-chercheur en Science politique, a par ailleurs soutenu que « la 12e Législature avait promis la rupture, des réformes et une réorientation politique pour le renforcement de la démocratie ». Selon lui, « un certain nombre d’actes politiques ont été posés, mais le problème, c’est au niveau de la réalisation. Il faut regretter qu’il n’y ait pas une nette séparation des pouvoirs. Il y’a une forte immixtion de l’Exécutif dans le Législatif. Il y a une implication, des interférences entre l’Exécutif, l’Exécutif, le Judiciaire et le Législatif », a t-il regretté.

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