Les affaires ayant trait à la bigamie foisonnent au Tribunal d’instance de Louga. Généralement, ce sont les hommes qui se disent jeter comme des oranges sucés par leurs épouses, qui saisissent la justice. Ils vivent l’enfer, apprenant que leurs épouses dorment dans d’autres bras. Révélations sur la vie des épouses à deux maris. Une histoire invraisemblable qui se passe à Louga.
Tout se passe au Sénégal. Au tribunal de Louga, un homme du nom de Mor Niang a porté plainte contre son épouse, Khoudia Fall, pour s’être remarié avec un autre à son insu alors que leur mariage était toujours en cours. Au Tribunal de Diambour à Louga, vêtu en boubou traditionnel de couleur jaune, ce jeune employeur dans un périmètre agricole implanté dans la région de Saint-Louis, bout de rage et regarde avec mépris sa « femme ».
Dans les réquisitoires, la partie civile, qui a, à ses côtés sa « femme », les parents de celle-ci (sa mère et son oncle paternel), l’imam de la mosquée qui avait scellé le mariage et deux témoins, a expliqué aux juges les raisons qui fondent l’action judiciaire qu’il a intentée contre la dame qui l’a abandonné pour se remarier avec un anonyme. Le Monsieur (mari), y va de sa complainte qui fait pitié à entendre.
« Khoudia Fall est ma femme légitime. Je l’ai épousé avec le consentement de ses parents. D’ailleurs, elle était en train de se préparer pour regagner le domicile conjugal. Mais à la dernière minute, elle a rencontré un autre homme plus riche que moi et a pris la décision de me quitter. Elle m’a retourné la dot et s’est remariée à nouveau, alors qu’elle est toujours ma femme légitime, dans la mesure où je n’ai jamais songé à divorcer ». Tout concourt dans le ton de sa voix a attesté son sérieux désarroi. Seulement, il a été démenti par la dame qui soutient que « le mariage a été scellé à son insu ». Il demande donc que celui-ci le laisse en paix.
Rendant son verdict, le tribunal qui n’était pas en mesure de prouver le consentement de la femme, a finalement renvoyé la prévenue des fins de la poursuite. Face à cette décision de justice, Mor Niang soutient qu’il va interjeter appel et prendre un avocat talentueux pour gagner le procès.
Selon nos confrères de l’observateur, Mor Niang n’est pas le seul homme qui vit l’enfer, pour avoir été ‘’répudié» par son épouse. Rawane Sall a, lui aussi traîné son épouse devant la barre, pour le délit de bigamie. Mais contrairement à son camarade d’infortune, Mor Niang, le sieur Sall, chauffeur de profession impute la responsabilité du remariage de sa 2e épouse à son beau-père : « J’aime toujours ma femme. Nous avons de petites disputes sans gravité et elle est retournée chez ses parents. Au lieu de la ramener au domicile conjugal, comme le ferait tout chef de famille responsable, son père l’a redonné en mariage et a menacé de me tuer si toutefois, je m’approche d’elle. C’est pourquoi j’ai porté plainte contre elle parce que je l’aime toujours », regrette d’un brin acide, le plaignant.
Le sieur Dramane Fall a aussi vécu le même sort que ces derniers.
Cette situation de bigamie des femmes devient, de nos jours, très inquiétante à Louga, dans la mesure où les maris ‘’malheureux’’ comptent passer par tous les moyens pour récupérer leurs épouses, car ils se sentent trahis.



