Lever de rideau pour le 27e sommet Afrique-France qui se tient ces vendredi et samedi à Bamako au Mali. Autour des présidents français et malien, leurs homologues du continent ont répondu présents puisque 35 chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus dans la capitale. Un rendez-vous qui doit faire la part belle à l’économie alors que le volet politique, centré sur la sécurité et la paix, sera une forme de bilan de la politique africaine de François Hollande, le président français, qui arrive dans quatre mois au terme de son mandat.
Il y a plus d’un mois, lors du sommet de la Francophonie à Madagascar, les dirigeants africains avaient brillé par leur absence. Une situation qui avait laissé planer un doute sur la fréquentation du rendez-vous prévu en terre malienne quelques semaines plus tard. Mais au retour des cartons-réponses, l’inquiétude des délégations maliennes et françaises a laissé la place au soulagement.
Les principaux acteurs du continent seront donc bien là pour le lever de rideau ce vendredi. En effet, plus d’une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement ont confirmé leur présence dans la capitale malienne. Parmi eux, la plupart des chefs d’Etat francophones et beaucoup d’anglophones. A noter tout de même, les absences de Joseph Kabila pour la RDC, de Pierre Nkurunziza pour le Burundi et de Yahya Jammeh pour la Gambie. Pour le Maroc, la présence du roi Mohamed VI n’a pas encore été confirmée.
Les adieux du président Hollande à l’Afrique
Enfin, ce sommet, c’est aussi et surtout l’occasion de faire le bilan de la politique africaine de François Hollande. Le président français arrive au bout de son mandat dans un peu plus de quatre mois, un mandat marqué par les interventions militaires au Mali et en RCA en 2013. « Des interventions loin de résoudre les crises », selon un rapport de l’ONG Survie publié il y a une semaine. L’organisation critique notamment les alliances nouées par Paris pour combattre le risque terroriste.
Un point de vue partagé par des militants de certaines sociétés civiles africaines réunis au Mali pour un contre-sommet. Ils estiment que la France a « sacrifié les droits de l’homme et la démocratie au profit de la stabilité ». Pour Laurent Duarte de la campagne citoyenne « Tournons la page », les « dictateurs africains, et l’on pense notamment à Idriss Déby (Tchad), à Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville), qui sont au cœur du dispositif militaire de la France, ont obtenu une sorte de rente à la stabilité. Ils monnaient leur légitimité et leur présence sur le territoire africain par cette idée qu’ils sont les détenteurs d’une violence légitime pour combattre le terrorisme ».
RFI


