Le démantèlement de notre tissu industriel au bénéfice de l’occident se poursuit inexorablement au grand dam de notre économie et de notre avenir. L’apport de l’industrie dans le développement d’une nation n’est plus à démontrer. C’est l’industrie qui produit la plus grande partie de la valeur ajoutée (Production moins consommation intermédiaire) d’un pays c’est-à-dire sa création de richesses. C’est l’industrie qui pourvoie le plus grand nombre d’emplois dans une économie car les pôles d’emplois sont à plusieurs niveaux : les études et recherches, les bureaux d’études, la recherche et développement, la fonction achat, la fonction production, la fonction distribution et la fonction commercialisation et les services. Comment comprendre qu’un tel secteur puisse être abandonné pour le profit d’intérêt étranger.
Le démantèlement a démarré à la fin des années 70 avec la faillite du système bancaire national de l’époque sous la conjonction de plusieurs facteurs mais essentiellement du fait d’une coalition d’hommes politiques véreux, de marabouts politiciens et d’hommes d’affaires sans scrupules. Le fameux compte K2 était la preuve concrète de la prise en otage de notre économie par des fossoyeurs et prédateurs. Notre pays était prêt à être livré pieds et mains liés au capitalisme étranger. Paradoxalement, la seule banque qui a résisté à l’époque est la BIAO qui appartenait au Suisse Mimeran. On connait la suite. Dakar, qui abritait la plus grande partie du tissu industriel du Sénégal était transformée en friches et livrée au tout container, donc en souk et dépotoir des produits étrangers souvent de mauvaise qualité.
Le démantèlement s’est poursuivi avec l’avènement des libéraux au pouvoir. On assiste à un bradage sans précédent de notre patrimoine et potentiel industriels. Des phosphates aux mines, tout y passe. Les contrats occultes et les deals deviennent des pratiques courantes depuis la première alternance. Les capitaines d’industrie nationaux sont maltraités à l’image de Bara TALL dont l’entreprise a été mise à rude épreuve et laissée exsangue. Aujourd’hui, le pétrole le gaz, l’or, le zircon, sont autant de produits où la nébuleuse se la dispute avec le bradage au capitalisme étranger. Le bâtiment et les travaux publics commencent à attirer la convoitise des mastodontes étrangers et on commence à chercher des poux sur la tête de l’une des plus florissantes du pays dirigée par un digne fils de la nation. M^me le numérique et le digital où le Sénégal a de grandes compétences sont livrées aux étrangers. Les seules petites industries qui subsistent au pays sont entre les mains des libano-syriens dont le patriotisme est loin d’être vérifié pour ceux qui se réclament sénégalais. Triste pays.
Peps GUEYE
keppar



