Elton Oil Company est dans des eaux troubles. Les tribulations de cette société, qui faisait jadis la fierté du capitalisme local, sont le reflet de nos difficultés à travailler ensemble et à pérenniser nos entreprises locales. Dans un pays où les capitaines d’industrie se comptent sur les doigts d’une seule main, les promesses d’émergence risquent d’être vaines.
Depuis le départ des actionnaires historiques (plus par oisiveté et carence managériale que par nécessité) de la compagnie Elton, deux fonds d’investissement se disputent la primauté de l’actionnariat de la structure (Impaxis de Momar Ndour et Afig de Papa Madiaw Ndiaye). Ce dernier est le frère du notaire Me Moustapha Ndiaye, qui n’a surement pas réussi à doter notre pays d’entreprises locales viables et pérennes, mais plutôt à livrer, avec le président de la république dont il est le notaire, notre pays pieds et mains liés au capitalisme étranger.
Cette association de spéculateurs financiers a sonné le glas de la compagnie de distribution d’hydrocarbures en tant que giron du pavillon national. La logique financière a supplanté la logique industrielle. Pour preuve, la société a mis en veilleuse de nombreux choix stratégiques notamment celle de se déployer dans la sous-région (Burkina, Mali, Niger), surement par insuffisance de cash. Elton était pourtant un joyau qui misait sur la qualité (la sécurité et l’environnement) pour se déployer au Sénégal et en Afrique.
Il est bien connu que les fonds d’investissement classiques (qui ne connaissent pas la solidarité) ne sont intéressés que par le profit (qu’il soit sain ou malsain). Par conséquent, ils ne reculeront devant aucune stratégie d’optimisation de leurs portefeuilles quitte à vendre les bijoux de famille aux étrangers. C’est paradoxal toutes ces connexions familiales au moment où le pays lorgne sur une manne pétrolière qui risque de compromettre la paix sociale.
L’exemple le plus patent de nos difficultés à garder les bijoux de famille (nos entreprises locales sénégalaises) est celui de l’entreprise PREBAT (précontraint pour le bâtiment) qui fut créée en 1983 par le sénégalais Hady Niang ancien DG de la BCEAO, qui l’a vendu à des étrangers. Cet ancien bijou de famille fait maintenant des milliards de chiffre d’affaires et de cash flow. Hady Niang a préféré les procès et autres tribulations que de rester dans l’aventure industrielle. C’est pathétique
Peps Gueye
www.keppar.com



