Le Juriste et Droit de l’Hommiste s’interroge cette semaine sur : UN PÔLE ANTI- TERRORISTE AU SEIN DE LA JUSTICE PÉNALE SÉNÉGALAISE , POUR QUOI FAIRE ?
Gouverner dit-on , c’est prévoir .
Mais tout de même prévoir une question qui ne se pose pas et laisser de côté des problèmes arrivés à maturité n’est pas une manière idéale de prévoir .
Le Sénégal à la chance de ne subir aucune forme de recours à la terreur pour des raisons religieuses , idéologiques ou politiques donc d’être à l’abri du terrorisme . Dès lors, l’urgence devait être de renforcer les moyen de surveillance du pays (surveillance humaine et électronique) .
En revanche le pays est régulièrement secoué par des actes économiques ou financiers susceptibles de qualification pénale. De plus à la lumière de l’expérience de la CREI ( Cour de Répression de l’enrichissement illicite) tous les praticiens du droit ont conclu à la nécessité de spécialiser notre justice Financière. Dès lors, il était attendu plutôt la mise en place d’un pôle financier au sein de notre justice pénale.
Ce pôle aurait pu être compétent aussi bien pour les infractions à caractère économique et financier mais également pour le terrorisme et le blanchiment de capitaux. Car en effet , toutes ces infractions sont souvent connexes . Le pays aurait donc pu faire d’une pierre plusieurs coups au lieu de cela , il verse dans une sorte de snobisme judiciaire , sans prise avec notre vécu social .
Là où les mécanismes judiciaires ne sont pas dictés par les nécessités sociales, ils encourent le risque de devenir des gadgets.
Dans un pays où le déficit de magistrats est criard, au point d’être une des causes des longues détentions , mobiliser des juges sur des questions potentielles au détriment de questions réelles , se comprend difficilement . Vivement que le réalisme reprenne le pas sur le snobisme ou le mimétisme voire même l’opportunisme.
Amadou Aly KANE
Avocat à la Cour
RADDHO



