Ce que l’Economie Sociale et Solidaire et l’Economie Collaborative peuvent apporter à l’émergence de nos nations est inestimable. Nous devons refuser le tout mercantile dans nos sociétés. Le Produit National Brut doit pouvoir s’accompagner d’un Bonheur National Brut pour le bien être individuel et collectif. Le fait social, la solidarité et le partage peuvent contribuer à la cohésion sociale. Le concept d’Economie Sociale et Solidaire(ESS) désigne un ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations, dont le fonctionnement interne et les activités sont fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale. Ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. Elles encadrent strictement l’utilisation des bénéfices qu’elles réalisent : le profit individuel est proscrit et les résultats sont réinvestis. Leurs ressources financières sont généralement en grande partie publiques.
L’économie collaborative (EC) constitue l’ensemble des nouvelles modes de consommation qui utilisent le principe du partage (voiture, appartement, troc, location, prêt mais aussi financement participatif). Parfois présentée comme une alternative au consumérisme prôné par le modèle capitaliste, l’économie de partage répond à plusieurs logiques. Il s’agit à la fois d’épargner son porte-monnaie, en dépensant moins ou en trouvant une nouvelle source de revenus, de préserver l’environnement, mais aussi de créer du lien social en revenant à des relations de proximité . Nos nations doivent construire un nouvel équilibre dans un nouveau projet de société où la solidarité, le partage, la responsabilité et l’ouverture seront des valeurs fortes. L’éducation et la formation doivent intégrer ces nouvelles dimensions avec de nouvelles offres de capacitation. L’impact actuel et futur de l’économie numérique sur nos pays doit être envisagé dans les stratégies de développement intégrant ces nouvelles économies. Ces nouvelles économies (ESS et EC) doivent être encadrées car pouvant contribuer fortement à la croissance, à l’emploi et au bien être individuel et collectif. Il convient donc de
– développer, au niveau macroéconomique, de nouveaux outils et indicateurs de richesse permettant de mieux apprécier l’évolution du bien-être individuel et collectif et d’associer à leur définition les différentes composantes de la société et les citoyens afin de les mettre en débat le plus largement possible. L’enjeu n’est pas ici d’évaluer spécifiquement l’apport de l’Economie Sociale et Solidaire ou de l’Economie Collaborative, mais d’apprécier dans quelle mesure le système économique et social satisfait ou non les objectifs d’utilité sociale que l’ESS et l’EC doivent poursuivre ;
– développer des enquêtes assurant une meilleure connaissance de l’Economie Sociale et Solidaire et l’Economie Collaborative. Il serait ainsi souhaitable de mettre en oeuvre des travaux de quantification permettant de mesurer la contribution de l’ESS et de l’EC à l’emploi et au PIB, de mieux évaluer l’apport du bénévolat, d’analyser la qualité des pratiques de l’Economie Sociale et Solidaire et de l’Economie Collaborative dans le domaine du travail et de l’emploi, la spécificité des résultats économiques des organisations de l’ESS et de l’EC, la qualité de la gouvernance, l’objet social des organisations de l’ESS et de l’EC, les sources de financement. Il serait enfin nécessaire de considérer la production de données sur l’ESS et l’EC comme une mission de service public pour les services statistiques de l’État. Enfin, il serait également nécessaire d’encourager les recherches en sciences sociales sur ce sujet ;
– ne pas sous-estimer la difficulté et les risques liés à tout processus d’évaluation, notamment concernant l’utilité sociale des organisations de l’Economie Sociale et Solidaire et de l’Economie Collaborative. L’action publique gagne en qualité quand sa définition associe la société dans ses différentes composantes, quand elle fait l’objet d’une évaluation pluraliste, et quand elle réunit une large diversité d’acteurs pour produire les biens communs dont bénéficient les habitants des territoires. S’il est légitime d’évaluer les organisations de l’Economie Sociale et Solidaire et de l’Economie Collaborative qui concourent à la production des biens publics dans un contexte marqué par la volonté conjointe de l’ESS, de l’EC et des pouvoirs publics d’en assurer le changement d’échelle, l’utilisation de certaines techniques d’évaluation risque de réduire l’autonomie créative des organisations de l’ESS et de l’EC et les conduire à se centrer sur la seule satisfaction d’indicateurs et de mesures qui, dans le meilleur des cas, seront réducteurs, et, dans le pire des cas, trompeurs. Il faut donc plutôt favoriser des méthodes d’évaluation de l’utilité sociale qui associent les différents acteurs, y compris les citoyens et les salariés assurant l’exécution des missions.
La mise en mouvement de nos sociétés par le développement et l’encadrement de l’Economie Sociale et Solidaire et de l’Economie Collaborative va permettre de réduire considérablement et d’éradiquer à terme les pratiques informelles qui constituent un frein important à notre développement. C’est un combat citoyen que de permettre à toutes les forces vives d’une nation de se libérer de certaines contraintes et donner la pleine mesure de leurs talents… Excellente journée



