Nous commencerons l’autopsie de la violence au Sénégal en citant Dom Helder :
«Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » Fin de citation
Un poisson pourrit toujours par la tête. L’autopsie du système politique nous renseigne sur les origines de la violence dans notre pays. Existe-t-il une relation de cause à effet entre la qualité d’un système éducatif et le niveau de performance des ressources humaines qu’il produit ? C’est presque une évidence tant notre pays est orphelin d’une école qui prépare convenablement l’humain. Notre système éducatif a produit des individus qui ont créé et perpétué un système qui produit de la violence. Si tu es proche du pouvoir par contre, tu n’as rien à craindre. La dégradation du système éducatif et les conditions de vie déplorables des écoliers et étudiants font le nid de la violence.
Il ya aussi l’autopsie du système de management public et privé qui est édifiante. Une certaine façon de faire de la politique produit des monstres qui n’ont de motivation que la destruction de leurs prochains pour l’appât du gain (c’est la violence de la méchanceté gratuite, de la jalousie maladive, de l’oisiveté, des médisances et attaques crypto-personnelles…). C’est une certaine façon de faire de la politique faite de clientélisme, de népotisme, de copinage et d’impunité qui est source de violence. La violence vient en premier de l’arrogance et de la vanité de nos dirigeants et de leurs affidés. L’exercice du pouvoir est un moyen de créer des bras armés partout dans la société.
L’influence de ce système de management est telle que les médias deviennent le relais de cet environnement de violence insupportable. Cet état de fait n’est d’ailleurs pas spécifique à nos pays. Certaines manifestations (politiques, culturelles, sportives) se terminent souvent en queue de poisson. L’alcool, la drogue et le sexe débridé sont devenus un fléau de violence pour un pays composé à 90 % de musulmans. Ce refus de réformer en profondeur la société et cette stratégie de l’ambulance après la mort ne feront pas disparaître la violence de sitôt. Excellente journée.
Peps GUEYE



