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Grand Prix du Chef de l’Etat pour l’Enseignant : Le ridicule ne tuera jamais dans ce pays

Le ridicule ne tuera jamais dans ce pays. Le président de la République a décidé « d’instituer le Grand Prix du chef de l’Etat pour l’enseignant, doté d’un diplôme, d’une médaille et d’une récompense financière », rapporte le communiqué du Conseil des ministres du 05 Octobre 2016. Voici une mesure de pure politique politicienne. En septembre dernier, le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam annonçait à Saly-Portudal (Mbour), lors d’un séminaire, l’instauration prochaine de ce prix destiné à valoriser la fonction d’enseignant. Il aurait fallu utiliser ce séminaire pour lancer un vaste programme de management de la qualité appliquée à l’éducation.

Selon le ministre « Aujourd’hui, les équipes du ministère de l’Education nationale ont travaillé sur un projet de décret pour que la société reconnaisse les enseignants qui se sont distingués, les enseignants modèles, exceptionnels qui, par leur dévouement à la tâche, par les résultats obtenus, par leur engagement pour le service éducatif, vont être donnés en exemple chaque année par le chef de l’Etat’’, déclarait M. Thiam. Le ministre avait par la même occasion annoncé la relance des palmes académiques, « tombées en désuétude pendant un certain nombre d’années ». C’est vraiment ridicule de retomber dans ces travers. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas créer un grand prix du chef de l’Etat pour le fonctionnaire ?

Le ridicule ne tuera jamais dans ce pays. Voici une mesure qui s’ajoute à une large liste de mesures de pilotage à vue, comme l’ambulance après la mort. L’école et le corps enseignant sont dans un état de déliquescence tel qu’un tel prix devient une idiotie inqualifiable. Il suffit tout simplement d’observer et d’écouter les enseignants et les écoles à l’ouverture des classes pour comprendre que ce secteur est dans une crise profonde. La formation des enseignants pose une préoccupation majeure (pour ne pas dire problème). Comment des enseignants qui ne s’expriment même pas bien en français peuvent-ils obtenir des résultats ? Le doute sur la motivation de ce personnel est même permis.

Seule une politique nationale de la qualité, sécurité, hygiène et environnement pourra sauver tout le pays et l’école sénégalaise en particulier. L’école a besoin de perspectives, de stabilité et d’ambition sur le long termine Une politique nationale de la qualité appliquée à l’éducation est une priorité fondamentale. Cette politique définira une nouvelle donne sur les aspects techniques et humains qui vont guider la nouvelle école sénégalaise. Vivement un ndeup (exorcisme) collectif pour extirper les nombreux maux qui gangrènent notre société.

Peps Gueye

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