Dans cet entretien que le coordonnateur de la plateforme a accordé à Igfm, Fallou Mbodji a parlé de la récente visite que les imams de Touba ont accordée à Karim Wade à Rebeuss. Il a aussi abordé la question de la libération de Karim Wade avec la médiation des qataris avant de donner son point de vue sur la gestion de la municipalité de Louga qu’il juge désastreuse. Entretien :
Monsieur Fallou Mbodji, nous allons d’abords aborder l‘actualité qui concerne votre leader Karim Wade. Il reçu la visite d’une délégation des imams de Touba. Quelle appréciation en faites-vous ?
Juste dire que c’est n’est pas une nouveauté. Depuis 3 ans que je rends visite à Karim Wade à Rebeuss, j’ai toujours partagé la salle d’attente avec des marabouts Mbacké-mbacké. Touba a toujours accordé un intérêt particulier à Abdoulaye Wade et à sa famille. Macky Sall n’a jamais été dans le cœur des populations de Touba. Les résultats de l’élection référendaire sont la pour le prouver. Ces Imams sont venus renouveler leur fidélité à Karim Wade. La dernière fois que j’ai rendu visite à Karim Wade, j’étais avec Serigne Mbacké. On s’est parlé et j’ai compris son message. C’est un signe de reconnaissance de Touba, de sa population et des marabouts Mbacké-mbacké à Abdoulaye Wade et à sa famille. N’oubliez pas que l’ancien président fait partie intégrante de la famille mouride. Ceci peut expliquer cela.
Ce qui va nous amener à parler des tractations qui se mènent pour libération de Karim Wade. La dernière en date est la démarche entreprise par des dignitaires arabes et les exigences du Chef de l’Etat. Qu’est-ce que vous en dites.
Je dirais d’emblée que nous ne sommes demandeurs d’une quelconque grâce. Et encore, comment pouvez-vous comprendre que le Président Macky Sall accorde l’hospitalité à des terroristes d’origines libyennes qui étaient détenus dans la plus dangereuse des prisons. Et de l’autre coté, demander à un citoyen sénégalais régulièrement établi dans son pays de s’exiler. C’est un paradoxe. Karim Wade étant sénégalais, il va rester au Sénégal. C’est vrai, c’est Macky Sall qui détient les pouvoirs de gracier un détenu, s’il le fait sans aucune exigence, nous sommes preneurs. Mais s’il faut le faire avec des exigences, il n’a qu’à aller voir ailleurs. Encore une fois, nous ne sommes pas demandeurs d’une grâce présidentielle. Nous allons continuer le travail pour la massification notre mouvement et combattre pour la libération de Karim Wade.
Voila justement, comment se porte la plateforme des Karimistes à Louga.
Elle se porte très bien. Elle s’est encore solidifiée lors de la campagne référendaire. Vous avez vu comment la plateforme s’est distinguée dans le Front du Non. Avec nos alliés de Rewmi avec le conseiller municipal Amar Thiam, le Pds avec la dame Thioro Ndiaye Ndiongue, la société civile lougatoise représentée par notre frère Ass Diobé Sylla, nous avons fait face au Front du Oui, avec nos maigres moyens. Pendant ce temps, des millions sont dépensés par l’autre camp, qui a utilisé les moyens de l’Etat pour battre campagne. Ce qui m’amènes à lancer un appel à l’endroit des partis et mouvement qui avaient composé le Front du Non de maintenir ce dynamique unitaire jusqu’aux élections de 2017 et 2019. Ensemble, nous représentons une force politique qui peut faire basculer les choses. Je plaide pour l’unité des forces vives de Louga pour faire changer les choses.
C’est comme si vous n’êtes pas satisfait de la gestion de l’actuelle équipe municipale ?
Je dirais d’emblée que c’est une gestion désastreuse. Louga n’avance pas. Louga stagne ou même régresse. Il n’y a pas de routes praticables. Les véhicules, les charrettes et les motos jakarta se disputent la chaussée. L’éclairage public est inexistant. Le foncier est dilapidé. Il n’y a pas une équipe municipale à Louga. Voila une raison de plus pour que les fils de Louga, soucieux du développement économique et social des populations, se mobilisent pour démettre cette équipe municipale qui a montré ses limites. A Louga, les jeunes sont désœuvrés. Il n’ya pas d’unités industrielles à Louga. Les familles qui étaient soutenues par des parents et proches partis à l’émigration souffrent.
Avec la crise en Europe, les émigrés n’ont plus cette possibilité d’envoyer régulièrement de l’argent aux parents restés à Louga. C’est la galère, surtout chez les jeunes. Ils attendent toujours le démarrage des activités du Dac (domaine agricole communautaire) de Keur Momar Sarr. Ils étaient obligés d’élever la voix pour exiger le démarrage des activités du Dac. Ce qui prouve que ce projet avait suscité beaucoup d’intérêt chez les jeunes. Mais hélas, on attend toujours. Comme on attend toujours les milliards annoncés par le Président Macky Sall lors du conseil ministériel décentralisé qui s’est tenu à Louga. Jusqu’à nos jours, il n’ya aucune réalisation à Louga. C’est malheureux pour les braves populations lougatoises.
Votre dernier mot ?
C’est faire part aux citoyens lougatois, aux personnes éprises de justice et soucieuses du bien-être des populations de Louga, les camarades et alliés du Front du Non, de venir nombreux prendre part à la grande mobilisation de la plateforme des Karimistes à son siège à Louga, prévue ce samedi. C’est pour remobiliser les troupes en vue des échéances électorales à venir et appeler à l’unité de toutes les forces vives de Louga mais surtout les partis et mouvements qui avaient composé le Front du Non. Le thème de cette rencontre va porter sur « Le rôle des Karimistes dans la mutation du Pds : Enjeux et perspectives. Tous les camarades du Pds sont conviés à cette rencontre. Le combat est le même.



