La brouille politique que traverse le Sénégal ne cesse d’avoir de nouveaux épisodes. De part et d’autres, les voix s’élèvent, les unes plus fortes que les autres. De la dénonciation de « manigances politiques » à celle des malaises sociales, marches et contestations s’enchainent pour accabler le pouvoir de Macky Sall. Bien que ce dernier semble faire la sourde oreille, ce sont bien des menaces qui risquent d’entacher son « règne ».
Des remous politiques
Depuis quelques temps, l’opposition ne cesse de crier son ras-le-bol. Elle a multiplié les sorties médiatiques dans le but de se faire entendre par le peuple. Depuis le grand rassemblement du collectif « Y’en a marre », les choses semblent aller à un rythme infernal. Cette manifestation qui a mobilisé opposition, partie civile et autres composantes de la société n’a pas manqué de secouer l’arène politique. L’opposition a trouvé en cette manifestation une brèche pour tourmenter le pouvoir. Ainsi elle intensifie les mouvements, les marches et les revendications, même les plus osées.
On se souvient encore de cette sortie, où des jeunes de Manko Wattu Sénégal section Thiès ont affirmé sur les ondes ne plus « reconnaître Macky Sall comme leur président ». Il s’en était suivi une volonté de l’opposition de former un gouvernement parallèle. Ceci est sans compter la panoplie d’hommes politiques de l’opposition qui ne se lassent pas de tirer sur le gouvernement Macky dans les médias ; des faits qui ne manquent pas d’influer sur la légitimité du pouvoir en place.
Des opposants en prison
L’emprisonnement de quelques opposants n’a fait que mettre de l’huile sur le feu. Celui du dernier en liste, notamment Khalifa Sall n’a pas été des moindres. D’ailleurs sa mise sous mandat de dépôt continue de créer un remue-ménage terrible. Pas plus tard qu’aujourd’hui, des partisans du maire de Dakar, plus particulièrement les femmes, ont encore manifesté à Grand-Yoff. Les femmes ont même lancé un ultimatum au président Macky Sall. Ainsi, elles ont spécifié que si après l’audience du jeudi prochain leur leader n’était pas libéré, Macky Sall « devra ajouter au sang qui coule déjà au Sénégal celui des femmes de Grand-Yoff et de Dakar ». Un avertissement assez fort qui ne manque pas de susciter des interrogations.
Simples manœuvres politiques ou véritables menaces, ces tensions détériorent peu à peu l’atmosphère de paix qui règne dans le pays de la teranga. Le pouvoir en place encaisse des coups de toutes parts et tente vaille que vaille de tenir bon et ferme. Mais jusqu’à quand Macky Sall pourras-il gérer cette situation qui va de mal en pire? De toute façon, le président de la République avait été averti : l’opposition lui a promis de faire des deux dernières années de son mandat, « un véritable enfer ».



