Le dépotoir de Mbeubeuss a longtemps été infecté de délits de toutes sortes. Mais jamais de cette grossière faute là : Mbeubeuss est devenu un sanctuaire pour nouveau nés, un vaste espace à ciel ouvert ou des cas d’infanticide se comptent à la pelle.
Une constance ponctuée par la découverte de 25 corps sans vie de nouveau-nés à la fin de l’année 2012. Dans le courant de cette année en cours, sept (7) autres découvertes macabres ont été effectuées, dont deux en début de mai. Ce qui porte à 32 le nombre de corps sans vie de nouveau-nés retrouvés jonchant au cœur des montagnes d’ordures quotidiennement déchargés par des camions de collecte de déchets à travers Dakar. Sur ces 32 constatations effectuées par les limiers du commissariat de Malika ont une particularité : 14 corps sans vie de bébés sont de sexe féminin. Cependant, de l’avis de sources policières, ce chiffre 32 pourrait être fortement revu à la hausse. Car, renseignent nos interlocuteurs « plusieurs corps sans vie de bébés non signalés, disparaissent à jamais, à la faveur des manœuvres des camions–bennes qui, sur le site de Mbeubeuss, écrasent les ordures empilées, dont certain sont brûlées pour libérer de l’espaces ».
Les enquête menées à la suite de ces découvertes macabres, généralement notées entre les derniers mois de 2012, ont permis de mettre à nu le mode opératoire mis en branle pour dissimuler le délit d’infanticide.
« A force d’enquêter sur ces cas à Mbeubeuss, nous avons réalisé que ces corps sans vie viennent de plusieurs quartiers de Dakar et ceux dit huppés en font partie », confient des sources policières.
Pour que leur « colis » arrivent à bon port, précisent elles, « ces dames, qui généralement accouchent dans la clandestinité, les dissimulent dans des sacs noirs en plastique, usité, avant de les jeter subtilement dans des bacs à ordure de leur quartier », conclut-elles.


