« Boycotter l’Afrique du Sud, est un discours d’abruti politique congénital », Kemi Séba

Le président de l’Ong Urgences panafricanistes, Kémi Séba, était bloqué à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass avant d’être déporté de force vers Bruxelles. L’activiste est venu à Dakar pour prendre part au procès qui l’oppose à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (Bceao). Mais, ironie du sort, Kémi Séba s’est vu refuser l’hospitalité du pays de la «Téranga».

Conséquence de cette situation, son procès a été renvoyé jusqu’au 27 avril prochain. Dans cette affaire, il faut relever que Kémi Séba voulait comparaître volontairement. «Le procès était prévu hier. Mais il a été renvoyé au 27 avril 2020. Après un débat houleux, nous avons exigé de la Cour qu’elle use de ses pouvoirs pour faire libérer Kémi Séba pour qu’il puisse comparaître à la barre, s’il le faut, qu’il soit retourné à la frontière pour qu’il rentre. Mais nous n’avons pas été suivi dans ce sens», regrette Me Khoureychi Bâ.

Pour rappel, l’activiste Kémi Séba avait brûlé un billet de banque de 5000 Cfa à Dakar, lors d’une manifestation de l’Ong Urgences panafricanistes. Ben Taleb Sow, membre de cette organisation, devait aussi comparaître, car il est poursuivi pour complicité de destruction de billet de banque. À l’époque le président de l’Ong Urgences panafricanistes avait été expulsé du Sénégal. L’activiste faisait l’objet d’un arrêté d’expulsion pris en septembre 2017. Mais l’avocat trouve cet arrêté caduc. «Cet arrêté est dénué de tout fondement. Il n’a pas de motivation. Aussi, il a été pris le 05 septembre 2017. Or à cette date, il n’y avait plus de gouvernement au Sénégal, puisque ce jour, Mahammad Boune Abdallah Dionne avait présenté la démission de son gouvernement. Les affaires courantes devaient être gérées par le Secrétaire général du gouvernement. Et dans les affaires courantes, il n’y a pas d’expulsion d’étrangers», s’indigne la robe noire. Il en enfonce le clou : «C’est le ministre de l’Intérieur qui avait pris l’arrêté, exécuté le 06 septembre, or il n’y avait de gouvernement. Cet arrêté est démodé et dénué de tout fondement», insiste l’avocat de Kémi Séba. En empêchant à Kémi Séba de répondre à la justice, Me Khoureychi Bâ parlant d’un acte grave posé par l’Exécutif et qui prive à un citoyen de jouir d’un de ses droits les plus fondamentaux : le droit à la justice.

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