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L’agroécologie comme solution à la résilience des pays du sahel et facteur d’épanouissement social pour leurs populations

La pandémie du Coronavirus est venue montrer à l’ensemble de l’humanité comment le système dans lequel on évolue est fragile. Le cas de l’agriculture est assez frappant, avec les mesures de confinement et de fermetures des frontières, notre système de production agricole conventionnel, basé sur la surproduction et la mécanisation à outrance est en train de montrer ses limites. Les pays du sahel africain, qui faisaient déjà face à de nombreux défis sur le plan alimentaire, vont devoir encore se serrer la ceinture car les politiques agricoles dans ces pays ne sont pas préparées à affronter les lourdes conséquences qui découlent de la crise sanitaire actuelle. Par conséquent, des risques de famine sont à craindre et une flambée du prix des céréales n’est pas à écarter. Aujourd’hui, les terres agricoles dans le sahel sont confrontées au phénomène de dégradation avancée des sols et à un accès difficile à l’eau. Les décideurs dans cette partie de l’Afrique sont donc appelés à changer de modèle d’agriculture et la meilleure voie pour ces Etats  afin de devenir résiliant est l’agroécologie. L’une des spécificités de ce système agricole consiste à mettre en culture des plantes « amies » ensemble pour qu’elles se protègent mutuellement des ravageurs. En ce moment, l’exploitant n’a plus besoin d’utiliser des pesticides, de plus, il n’y a plus la nécessité d’acheter des intrants qui sont pour la plupart importés. Le sahel constitue une véritable terre d’opportunités pour la pratique de l’agroécologie, qui repose sur un certain nombre de pratiques agricoles ancestrales. Si l’on associe ces pratiques ancestrales aux connaissances issues de la recherche scientifique, les pays sahéliens peuvent faire prospérer une agriculture durable. Les avantages liés à la pratique de l’agroécologie sont énormes, entre autres, elle permet de préserver la biodiversité, elle agit sur les cycles de la matière organique, elle permet une meilleure utilisation de l’eau disponible et contribue à diminuer drastiquement  les intrants importés. Là où l’agriculture conventionnelle préconise des champs irrigués en monoculture, sans biodiversité et qui encouragent l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques, l’agroécologie permet de cultiver avec moins d’eau dans les zones semi-arides comme le sahel, sans pesticides chimiques et en cultivant en polyculture. L’agroécologie permet de multiplier conséquemment la capacité de rétention d’eau des sols.

Le cas du Burkina faso

Elle régénère la fertilité des sols agricoles, capte du carbone, protège les nappes phréatiques et crée de l’emploi. Elle assure ainsi aux populations une alimentation saine, nutritive et culturellement appropriée. Au Burkina Faso par exemple, la pratique de l’agroécologie est valorisée par des exploitants qui veulent faire bouger les lignes en changeant de modèle. C’est le cas de l’association Beo-Neere, qui pratique l’agroécologie dans une exploitation agricole située dans un village non loin de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Grâce à son activité 100%% naturelle, Beo-Neere arrive à satisfaire la clientèle et réalise des bénéfices grâce à la vente en circuit court qui permet de réduire les coûts de transport. Avec ce modèle, les terres et la biodiversité environnante sont protégées en plus de la création d’emplois. Au sahel, plus de 60% de la population de la région vit en milieu rural et les 2/3 sont employées dans l’économie alimentaire. En plus d’être au cœur de l’adaptation aux changements climatique, l’agroécologie est aussi au centre du défi de l’emploi et du développement économique au sahel. A ce jour, l’économie

alimentaire représente 240 milliards de dollars dans la zone sahélienne selon un rapport conjointement élaboré par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cela constitue un gisement énorme en terme de création d’emplois.

L’agroécologie renforce la sécurité et la diversification alimentaire des populations

Avec une reforme du système de production actuel et la mise en place d’une chaîne logistique adaptée, l’agroécologie permettra de dégager des revenus nettement supérieurs pour les exploitants agricoles. D’après l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agroécologie renforce la sécurité et la diversification alimentaire des populations ce qui va permettre de lutter contre la malnutrition. Il faut vite agir car la situation est urgente, s’il n’y a pas de changements de politique agricole, les experts de la FAO estiment que les rendements agricoles au sahel diminueront jusqu’à 50% à l’horizon 2050. L’agroécologie est une réponse formidable pour la très cruciale question de l’emploi, en effet, dans les 10 ans qui viennent, 440 millions de jeunes d’Afrique subsaharienne entreront sur le marché du travail et l’agroécologie est une opportunité à saisir pour ces jeunes. Il faut donc mettre l’accent sur la formation des jeunes en modifiant les programmes conventionnels dédiés à la pratique de l’agriculture. Pour valoriser les produits issus de l’agroécologie, les pays du sahel devront mettre en place des circuits de distribution où les exploitants pourront écouler facilement leurs produits et avoir de très bons revenus. Les nations sahéliennes ont rendez-vous avec l’histoire, ils ont la possibilité de devenir résilient sur le plan alimentaire grâce à l’agroécologie.  Les décideurs politiques doivent donc agir rapidement pour ne pas être pris de court, l’urgence est là mais les solutions existent aussi. Les pouvoirs publics, les organisations paysannes, le secteur agro-industriel et le monde de la recherche peuvent coopérer en étroite synergie afin d’assurer une révolution écologique qui deviendra par la même occasion un modèle d’économie verte et durable. Les pays du sahel ont toutes les cartes en main pour rendre effective cette révolution écologique à travers l’agroécologie. Il ne faut plus attendre car il y a urgence, les effets du dérèglement climatique vont avoir des répercussions effrayantes sur les pays du sahel. Confrontés à de nombreuses difficultés, ces pays doivent revoir au plus vite leur politique agricole qui est complètement en déphasage avec les réalités du moment. Comment nourrir un nombre sans cesse croissant de citoyens ? Comment optimiser les terres agricoles pour un meilleur rendement ? quelles perspectives offrir aux jeunes sahéliens pour un épanouissement total ?L’agroécologie prend en compte ces différents questionnements et apporte des solutions concrètes. Les pays du sahel n’ont pas besoin d’adopter des politiques utopiques pour faire face à ces défis. Des solutions endogènes comme l’agroécologie existent et il suffit d’avoir la volonté politique pour les appliquer. De toutes les façons, il n’y a plus de choix possible et il faut explorer de nouvelles pistes pour ne pas foncer tout droit dans le mur.

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