Home A la une Emigration clandestine : « mon pays va très très mal »

Emigration clandestine : « mon pays va très très mal »

‘Top, c’est reparti’
Encore et à nouveau l’émigration clandestine est à l’ordre du jour…. les jeunes ont commencé à mettre en œuvre leur projet de voyage clandestin en Europe balisé sous le concept « barça wala barsakh ».
En seulement 5 petites semaines, la mer a « enregistré » plusieurs dizaines de jeunes qui ont péri au cours de leur aventure à la recherche d’une vie meilleure. Cette aventure n’est pas toujours du bon gout de tous. Et souvent, ce sont les familles qui paient les pots cassés à travers un torrent de larmes qu’elles versent pour avoir perdu leurs enfants. Et pourtant les autorités semblent rester « indifférentes » par rapport à ce sujet récurrent et, qui inquiète depuis des lustres ?

Depuis quelques semaines, un constat majeur a été fait. Il s’agit de ces plusieurs dizaines de jeunes qui prennent les pirogues pour rallier l’autre rive à savoir l’Espagne clamant haut et fort : « barça wala barsakk » (l’Espagne ou la mort)

Emigration clandestine, les raisons

Au cours de ce lugubre chemin, beaucoup n’arrivent pas à destination et perdent la vie. Mais qu’est-ce qui pousse les jeunes à entreprendre ce voyage suicidaire ? Qu’est ce qui n’a pas marché par rapport aux plans et stratégies posés par les autorités étatiques pour freiner ce phénomène ? Et les familles, ne sont-elles pas sources d’influence et de motivation ?

« Mon pays va très mal. L’Etat n’a pas fait ce qu’il doit faire, c’est pourquoi les jeunes partent vers l’Europe », affirme un jeune élève qui a préféré gardé l’anonymat rencontré dans le sud du pays, dans la commune de Sédhiou précisément.

En réalité, Plusieurs stratégies ont été mises en place par les autorités pour freiner ce phénomène et décourager les voyages vers l’Europe mais…. en vain. Chaque année, des millions de Fcfa sont injectés dans l’emploi et l’entreprenariat des jeunes. Des programmes et directions sont mis en place avec toute une équipe d’experts et professionnels mais il semble que « tous ces millions se soient volatilisés » car les aventuriers continuent à mettre en œuvre leur projet de voyage, et jusqu’à présent, rien n’a changé.

Le taux de chômage dans notre pays, ne fait que grimper d’année en année. Actuellement, le taux tourne autour de 48 % ce qui place le pays de facto, à la 10e place au niveau mondial des pays où le taux de chômage est le plus élevé selon les chiffres officiels (organisation internationale du travail – OIT Octobre 2020).

Aussi, le pays a un budget colossal, trois fois supérieur à celui de la France et pourtant nous sombrons toujours dans la pauvreté. Car malgré les ressources potentielles dont il regorge, à savoir, les ressources minières, les hydrocarbures, etc… et le Plan Sénégal Emergent (PSE), le pays s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté et la famine avec un taux de croissance qui ne reflète pas du tout sur le quotidien du sénégalais lambda dont le revenu par jour est estimé à 650 f cfa soit environ 1 euro /jour. Il est vrai que comme disait l’autre, « le taux de croissance ne se mange pas à midi ».

Le peuple se pose des questions sur où vont les milliards régulièrement annoncé par le gouvernement à chacune de ses sorties médiatiques. En réalité, la priorité n’est pas donnée aux services sociaux de base à savoir l’éducation, la santé, la formation et l’emploi des jeunes. L’Etat, avec ses nombreux programmes et directions, peine à trouver une issue heureuse pour l’emploi des jeunes et ce malgré les efforts des uns et des autres.

Barça wala barsakk » (soit j’arrive en Espagne soit je meurs en cours de route).

Quant aux jeunes, leur comportement vis-à-vis de ce phénomène reste inquiétant. Plus les jours passent, plus ils entendent à la télévision comme à la radio ou à travers les réseaux sociaux,  leurs semblables morts lors du voyage et qui ne seront jamais là pour les sensibiliser. Et malgré cela, ils insistent pour partir en Europe. Ils sont revigorés par leur fameux slogan « barça wala barsakk » (soit j’arrive en Espagne soit je meurs en cours de route). Cela suscite alors des interrogations : Ces jeunes sont-ils suicidaires ou simplement sont-ils des jeunes ambitieux qui rêvent de changer leur quotidien? Comment arrivent-ils à réunir une somme importante, devant servir à payer les passeurs, et prendre la pirogue où les normes sécuritaires minimales sont absentes, mettant ainsi en péril leur vie ? Ont-ils bien cerné tous les dangers qui les guettent sur ce chemin ?

ET pourtant démarrer par une petite activité, ne coûte presque rien. Et cela donne plus de confiance en soi et permet d’avoir une vision claire de son avenir. La mer n’est pas la seule option pour gagner sa vie. Cette voie constitue un réel danger, de même que les chances de pouvoir arriver à destination, sain et sauf,  sont minimes et requièrent beaucoup de ressources et d’énergies.

Au cours du voyage, tout peut arriver, comme ce fut le cas ces derniers jours, avec la pirogue qui a explosé aux larges des côtes de Mbour. Notre gouvernement parle de 6 morts dans cet accident, alors que l’unité onusienne, l’OIM (Organisation internationale des migrants) de son côté avance plus de 140 morts. Quel que soit le nombre de morts, les familles des victimes n’ont que leurs yeux pour pleurer. Combien de jeunes sont morts dans ce vaste étendue d’eau de l’atlantique.

N’est-il pas temps de s’asseoir, de réfléchir sur son avenir ! Réussir  à réunir environ 500.000 FCFA voir plus, et prendre la pirogue c’est hyper risqué. Cette somme aurait pu aider à lancer une micro entreprise, faire du commerce, du maraichage, du transfert d’argent, de la reprographie etc… Et au fur et à mesure que les choses avancent, tu peux changer de domaine d’activité et ainsi devenir un acteur du développement.

Investir dans son pays est bien possible et beaucoup plus avantageux.

Mouhamed Dramé

 

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