L’affront fait par la CEDEAO au Mali a commencé à produire l’effet attendu de tout patriote: le refus de la soumission, mieux un sentiment de révolte, même chez des Maliens qui n’ont pas d’engagement au sein du M5-RFP.

Dans cette résistance, les démocrates maliens enregistrent le soutien de groupes politiques ou personnalités politiques d’Afrique de l’Ouest ulcérés par l’intrusion scandaleuse de la CEDEAO dans la crise malienne de façon unilatérale, pour simplement sauver le mandat de IBK.
C’est la Coalition de l’opposition nigériane qui a ouvert le bal des soutiens au peuple malien ainsi que de condamnation de la partialité des chefs d’Etat de la CEDEAO.
Le porte-parole de la CPP a invité IBK à « écouter la souffrance de son peuple et à quitter le pouvoir sans tarder  » ! La Coalition critique vertement le voyage de Buhari dans la mission CEDEAO « au même moment où les villes du Nigeria sont en proie au terrorisme et au banditisme avec son cortège d’effusion de sang ».
Le message de solidarité de l’opposition nigeriane a été relayé par un Tweet d’un chef de parti de l’opposition sénégalaise, Thierno Alassane Sall qui écrit : « la CEDEAO menace non la rébellion au Nord du Mali, ni Boko-Haram, ni le MFDC mais l’opposition malienne. La CEDEAO invoque la Constitution pour sauver IBK qui a violé celle-ci par un putsch électoral. Menacer un peuple pacifique là où perdurent des rébellions est signe d’impuissance ».
Ce propos prend toute sa valeur quand on connaît son auteur qui a été ministre de l’Energie d’un gouvernement de Macky Sall. Après la découverte du pétrole au Sénégal c’est Thierno Alassane Sall qui a été chargé d’organiser la vente aux enchères des blocs off-shore. Au bout de la compétition c’est la compagnie anglaise BP qui a fait la meilleure offre et a donc été retenue par le ministre. Craignant les foudres de la France, Macky Sall a ordonné d’adjuger les blocs à Total. Le jeune ministre se rebiffe et démissionne. Il est aujourd’hui le chef d’un parti dont le nom nous fait rêver tous: « La République des Valeurs » !
Un ancien candidat à l’élection présidentielle au Niger, Djibril Mainassara Baré, en soutien à la lutte du M5-RFP, dénonce l’imprudence des chefs d’Etat de la CEDEAO à vouloir jouer les arbitres au Mali quand leurs propres peuples leur reprochent les mêmes dérives qui gangrènent la gouvernance IBK. A la lumière de ces réactions, on voit émerger à côté de la CEDEAO du syndicat des chefs d’Etat, des forces régionales plus soucieuses de la vie réelle des populations.
Sur le Mali, l’organisation régionale a pris un pari hasardeux. Un échec signera son discrédit pour cent ans ! Or tout indique que ses fameuses « recommandations » ou plutôt ses oukases ne font pas peur à grand’monde chez nous, à commencer par les députés du camp présidentiel qui avaient été sommés de démissionner immédiatement après le Sommet et qui toisent par vidéos et audio interposés Alassane Ouattara et son groupe de pères fouettard. « Quand c’est gâté, c’est vraiment gâté » ! En 2013, IBK a  bénéficié d’un alignement des planètes pour arriver à Koulouba: le coup d’Etat et le soutien de la junte, la bénédiction des mosquées, l’adoubement de François Hollande au nom de l’internationale socialiste et l’appui financier de Alassane Ouattara.
En 2020, tout « conspire » contre lui: sa gouvernance catastrophique, l’affaissement de son autorité, y compris sur ses propres troupes, les maladresses de la CEDEAO sous la conduite brutale de ADO etc.
En récapitulatif, depuis le sommet maudit de la CEDEAO, le combat du M5-RFP a reçu du renfort de la sous-region et un coup de pouce inespéré des « députés nommés » et bientôt de la suite du feuilleton IBK-Manassa avec l’expiration du délai de réponse au recours gracieux et le commencement de la phase du contentieux. Une seule leçon à retenir pour la CEDEAO : on ne menace pas impunément les Maliens !

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