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L’impact économique d’EBOLA

L’épidémie d’Ebola a été particulièrement virulente en Guinée, au Libéria et en Sierra
Leone, provoquant d’immenses souffrances humaines et de lourdes pertes financières.
L’épidémie a porté un coup d’arrêt aux impressionnants progrès obtenus par ces pays
depuis quelques années en matière de stabilité macroéconomique et budgétaire. Seule
une reprise progressive peut être attendue à court terme (PNUD, 2014a). Fin mars 2015,
selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de décès déclarés dépassait
la barre des 10 000 victimes, pour plus de 25 000 cas répertoriés. Mais grâce à l’aide
internationale et l’action des gouvernements nationaux dans la région, la situation
semble s’améliorer et la propagation du virus aux pays voisins a été endiguée.
Le déficit en termes de PIB pour les trois pays considérés ensemble (par rapport aux
prévisions de l’an dernier) ressort autour de 1.4 milliard USD en parité de pouvoir d’achat,
ventilé comme suit : 775 millions pour la Sierra Leone, 460 millions pour la Guinée et
165 millions pour le Libéria. Cela équivaut à une perte de revenu par habitant d’environ
130 USD en Sierra Leone et autour de 40 USD au Libéria et en Guinée. Le scénario proposé
ici part de l’hypothèse que l’épidémie sera maîtrisée courant 2015 mais que l’activité
économique restera déprimée, surtout en Sierra Leone où les indicateurs devraient se
contracter. Mais à l’horizon 2016 [two_third_last], la reprise devrait être au rendez-vous pour les trois pays.
Cette baisse de l’activité économique a pesé sur les recettes publiques alors même que les
dépenses sociales additionnelles ont augmenté (PNUD, 2014b). Mais avec le fléchissement
de la croissance et l’affaiblissement des positions budgétaires, les risques d’instabilité
macroéconomique et financière augmentent. L’épidémie menace aussi de détourner les
dépenses des gouvernements et des donneurs au profit des services sanitaires d’urgence
et au détriment des autres infrastructures, ce qui pourrait rejaillir sur la croissance à
plus long terme. La perception d’un retour à l’instabilité pourrait prendre des années à
s’effacer et freiner également le potentiel de croissance (Hettinger, 2014).
Alors même que la propagation du virus aux pays voisins a été contenue, la région
dans son ensemble a été affectée, à cause de la baisse des échanges transfrontaliers
et du nombre de touristes, en particulier au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en
Gambie et au Sénégal

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