AccueilEconomieMalgré la crise des matières premières, la croissance rebondit en Afrique !

Malgré la crise des matières premières, la croissance rebondit en Afrique !

Les économies africaines commencent à développer une résilience aux chocs et entrevoir des perspectives de croissance prometteuses. La tonalité est optimiste, malgré les défis récurrents que doit relever l’Afrique et l’impact négatif de la conjoncture internationale.  Le ralentissement de la Chine devenue depuis dix ans un partenaire clé, affecte les échanges commerciaux et l’investissement. À cela s’ajoute la chute des prix des matières premières  (pétrole, minerais, métaux) dont beaucoup d’économies africaines dépendent.

Le message du président de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina, se veut positif, tout en reconnaissant que l’effondrement des cours du pétrole – de 64 % depuis juin 2014 – frappe durement les pays producteurs, en particulier l’Angola et le Nigeria. «Le décollage de l’Afrique est toujours en cours et vigoureux», a affirmé le président de la BAD. Car le continent est aujourd’hui beaucoup plus résilient aux chocs externes. La preuve par les chiffres: dans le passé, une baisse d’une telle ampleur aurait plongé plusieurs États en récession. Cela n’a pas été le cas, même si la croissance africaine a ralenti en 2015, à 3,1 %, après 4,9 % en 2014, et les prévisions tablent sur 4,4 % cette année et plus de 5 % en 2017. La plupart des économies pétrolières et minières ont enregistré en 2015 une hausse de PIB de 3 à 4 %. Un des remèdes pour compenser la baisse a été d’augmenter le volume de production. Une dizaine de pays ont même affiché des taux de croissance supérieurs à 6 %.

Les producteurs de matières premières agricoles, typiquement la Côte d’Ivoire, leader mondial de cacao, font partie des gagnants. Les prix de ces denrées ont nettement moins baissé, ils ont même augmenté dans le cas du cacao, tandis que la facture énergétique a diminué. La Côte d’Ivoire est devenu le troisième pays du monde le plus convoité. Il faut dire qu’après des années de conflit et de crise, l’État d’Afrique de l’Ouest connaît un décollage rapide avec 8,6% de croissance attendue cette année. Il incarne le renouveau africain tiré par l’émergence des classes moyennes. Le pays intéresse d’autant plus qu’il ne souffre pas de la chute des prix de l’énergie qui frappe de plein fouet les grands producteurs de pétrole, comme le Nigeria, l’Angola ou le Gabon.

Cependant il faut tempérer cet enthousiasme en espérant une amélioration des conditions de vie des populations pour que cette croissance profite au plus grand nombre. Le développement consiste à améliorer le côté qualitatif (le niveau de l’éducation et de la formation, la qualité des structures de santé, la qualité des logements, des infrastructures). Ainsi il faut bien distinguer croissance et développement.

La Rédaction

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