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Edito du Mardi : Question de confiance

Comment lui faire confiance ? Je suis obligé de me poser la question (Comment faire confiance au Président de la République ), pour répondre à l’appel pathétique et récurrent de ses conseillers ? L’élection au HCCT est un exemple de la défiance des populations par rapport aux politiques comme les casseroles fiscales que traînent son entourage. Si son entourage en est arrivé à solliciter l’opinion pour qu’on fasse confiance au Président, c’est parce que la situation du pays est assez problématique et préoccupante. C’est aussi que cet entourage a dû sentir que l’opinion est en train de douter de la capacité du capitaine à mener le bateau Sénégal à bon port. Après quatre ans de mandature, aucun résultat tangible n’est perceptible. A chaque conseil des ministres, on observe que des chapelets de vœux pieux. La pauvreté n’a jamais été aussi lancinante.  L’indice de développement humain est toujours négatif pour le pays. Comment faire confiance à un Président de la République qui ne met pas les intérêts supérieurs de la nation en premier dans la liste de ses priorités ? Comment faire confiance à un Président de la République qui a été façonné par le système éducatif du pays et qui se détourne de ce système en le laissant dans une situation déplorable ?

Comment faire confiance à un Président de la République qui engage plus de 1000 milliards (CCABD, Cité de l’Emergence, autoroute et train express) dans des projets non prioritaires alors que d’autres secteurs plus malades auraient pu être soulagés ? Comment faire confiance à un Président de la République qui se renie et se dédit sans scrupules ? Parce que s’il voulait respecter sa parole, il aurait démissionné au bout de 5 ans pour se représenter s’il le souhaite, il aurait laissé la justice faire son travail dans la traque des biens mal acquis sans mettre des dossiers sous le coude. Comment faire confiance à un Président de la République qui n’a aucun amour pour son pays ? Parce que s’il aimait son pays, il allait instaurer sa souveraineté politique, économique, monétaire, sociale et culturelle. Parce que s’il aimait son pays, il allait donner la priorité au secteur privé national dans tous les projets d’envergure. Parce que s’il aimait son pays, il n’allait jamais signer les APE qui vont transformer notre pays en souk et en zone de consommation. Parce que s’il aimait son pays, il allait favoriser la production et la consommation locales. S’il en est arrivé à faire appel à l’expertise et aux capitaux marocains, c’est parce que le Maroc avait fait des choix de souveraineté qui l’ont amené à ce niveau de développement alors que le Sénégal était livré pieds et mains liés à l’impérialisme occidental.

Comment faire confiance à un Président de la République qui préfère investir dans l’immobilier aux USA au lieu d’investir cet argent dans son propre pays ? Comment faire confiance à un Président de la République qui refuse ou qui a peur de réformer en profondeur la société pour la mettre en mouvement ? Parce que s’il voulait réellement réformer la société, il aurait rendu au trésor public, la partie de sa fortune issue de privilèges indus et demandé à toutes les personnes de faire pareil. Il aurait alors lancé un signal fort sur la nécessité de respecter les deniers publics et privés. Parce que s’il voulait réellement réformer la société, il aurait éliminé tous les fonds politiques qui ne servent qu’à corrompre et massifier son parti, il aurait réduit le train de vie dispendieux de l’Etat. Parce que s’il voulait réellement réformer la société, il se serait mis en congé de son parti et aurait gouverné pour tous les sénégalais, il aurait éloigné sa propre famille de la gestion publique et de certaines affaires. La confiance ne se décrète pas, elle se mérite.

La confiance des peuples envers leurs dirigeants est une condition sine qua non à l’existence d’une cohésion sociale propice au développement d’un pays. Cette confiance s’établit lorsque le projet de société est clair et bien compris des citoyens.  Le respect des engagements et des règles démocratiques, de l’état de droit et de la bonne gouvernance, une gestion transparente et efficace des ressources publiques, une lutte farouche et déterminée contre les pratiques informelles (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence), la promotion de l’égalité des chances et de l’intérêt général, une justice indépendante sont de nature à instaurer un climat de confiance dans un pays. La confiance sera le levier qui va aider à l’émergence d’une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle république plus juste, plus unie, plus solidaire et en progrès. Excellente journée

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