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Edito du Mardi : Du courage de gouverner

Le courage de gouverner, d’assainir et de dynamiser notre démocratie soulagera grandement un peuple meurtri. Il est consternant de constater qu’après 54 ans d’indépendance, que notre parlement ne remplit toujours pas le rôle qui lui est dévolu surtout pour une démocratie qui veut se faire respecter. Que de sujets qui méritent des commissions d’enquêtes parlementaires. Depuis belle lurette, une telle commission aurait fait la lumière sur le secteur de l’électricité et on aurait oublié tous les désagréments récurrents. Notre chambre des députés est restée une chambre d’applaudissements et d’enregistrements et la plus part du temps le terreau du jeu des émotions et du folklore. On veut maintenant y ajouter un Sénat bis qui sera un nid doré de partisans pour préparer la réélection de leur mentor.

Il y a lieu de s’interroger sur les réelles motivations de l’exécutif à vouloir assujettir le législatif et museler le judiciaire. Le manque de courage politique est préjudiciable à la démocratie. Je vais emprunter un paragraphe édifiant à un éditorialiste d’une revue de management quand il affirme : « D’accord, ce débutant n’avait aucune expérience pour le poste, mais, depuis qu’il l’a obtenu, on a droit à un festival : du jamais vu à ce niveau. De crainte sans doute d’être dépassé par ses subordonnés, il accumule les erreurs de casting en s’entourant d’incompétents rassurants, ou, pire, d’emmerdeurs patentés. Il est incapable de régler des conflits, ou alors de la plus mauvaise manière : en ne tranchant pas. Face à l’adversité, il recule et revient sur ses promesses. Son manque de courage l’empêche de prendre des décisions impopulaires, et c’est contraint et forcé qu’il finit (mais trop tard) par solder ses erreurs de recrutement. Avec son déficit d’autorité, son charisme en berne, son leadership transparent, ses indécisions chroniques, ses changements de cap illisibles, et le mélange catastrophique de sa vie publique et de sa vie privée, ce dirigeant est parti pour devenir un modèle répulsif en matière de management».

Comme on se ressemble parfois entre dirigeant du nord et celui du sud, entre colonisateur et colonisé. La différence réside peut-être dans le rôle joué par les représentations nationales respectives. De quoi ont-ils peurs nos dirigeants ? De scier la branche sur laquelle ils sont assis ? Ou de perdre leurs privilèges indus ? Qu’à fait le Président de la République pour réparer la forfaiture de la réduction de son mandat ? Une arme pour mieux museler ses opposants ? Ils prônent la démocratie et une doctrine républicaines et agissent en souverain d’un royaume  de connivences et de combinaisons. Ils agissent comme  des dictateurs envers ceux qui ne partagent pas leurs positions.  Dans un tel contexte,  il  n’est pas étonnant  de voir des représentants du peuple incapables de traiter des dossiers qui dépassent leurs compétences et aptitudes. Ils sont là par les bonnes grâces du prince pour toucher un revenu mensuel, avoir une voiture et des bons carburants et se comporter en porteurs de voix et affairistes pour leurs paroisses personnelles. La plus part de ces soient disant élus du peuple n’ont aucun apport pour le peuple.  C’est du gaspillage pur et dur des deniers publics.

Le clientélisme et le népotisme sont improductifs. Ils transforment nos pays en république bananière incapable de créer des richesses car reposant sur des situations de rentes et des pratiques informelles (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt et trafic d’influence) récurrentes. Il ne se passe pas un mois sans qu’on entende un scandale financier dans les structures publique et privée et cela va faire bientôt 5 ans de mandat. Ces dérives à profusion  plombent notre environnement des affaires et bloquent la mise en mouvement de la société. Ce qui est utile au pays, c’est un dirigeant qui prend son courage chevillé au corps pour réformer en profondeur, éduquer et former  massivement  les citoyens, accepter que la représentation nationale joue son véritable rôle de contrôle de l’action gouvernementale.

L’arsenal institutionnel de base est prêt pour réaliser une véritable révolution culturelle dans le pays. Il faut juste du courage pour le soumettre à l’approbation du peuple. Encore faut-il que ce dirigeant soit crédible et suffisant amoureux de son pays pour impulser ce changement. Un Etat fort est un Etat qui résiste aux lobbies et régule pour le seul bénéfice des populations et du pays…Excellente journée

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