AccueiluneEdito du Mardi : De l'importance de la pédagogie dans l'action politique

Edito du Mardi : De l’importance de la pédagogie dans l’action politique

Faire de la pédagogie avec son peuple est le plus court chemin pour convaincre et mettre en mouvement une société. Gouverner, c’est prévoir. La proactivité (l’anticipation) évite le cantonnement à des attitudes réactionnaires comme le tripatouillage du fichier électoral, la nébulosité dans les dossiers du pétrole et des mines, la confiscation de passeports d’opposant, la suspension de fonctionnaire lanceur d’alerte, l’emprisonnement d’un journaliste ou d’un colonel de gendarmerie intègre. Les conséquences sur l’image du pays sont plus désastreuses que l’épidémie elle-même ou la persistance des pratiques informelles et mafieuses.

Faire de la pédagogie, c’est définir, dès son élection, les règles du jeu et dérouler une feuille de route des réformes en profondeur à mettre en place. Si le président de la république décide de gouverner pour tous les citoyens, il se met en congé de son parti et fait comprendre à ses partisans et à sa famille que la compétence sera le seul critère pour occuper des postes de responsabilité. La pédagogie du développement montrera ainsi la voix à la valorisation des ressources humaines du pays. En ce moment-là, un plan de développement pourrait être adossé à une stratégie de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GEPEC) à l’échelle de tout le pays. Les citoyens comprendraient que l’éducation et la formation seront les seuls leviers de l’ascenseur social. Si le Président de la République avait restitué au trésor public les sommes indument reçues comme privilèges accordés par son prédécesseur et éliminé les fonds politiques outils de corruption et sources d’enrichissement illicite, il ferait alors une pédagogie de la bonne gouvernance utile à la bonne marche des affaires du pays. Par cet acte, le Président aurait acquis une légitimité et une crédibilité qui l’auraient autorisé à traquer, sans discrimination et par une justice indépendante, tous les biens mal acquis. Il donnerait ainsi un signal fort à tous ceux qui seraient tentés par des actes de prédation et de prévarication des ressources publiques et privées.

La pédagogie du changement (des pratiques informelles et des mentalités) rendrait ainsi plus aisée l’atteinte des objectifs. En s’adressant régulièrement à son peuple, en lui donnant la priorité de ses déclarations et de ses vacances, le Président de la République ferait une pédagogie communicationnelle à même de mobiliser toutes les forces vives de la nation, de donner confiance à une certaine presse qui se sentira plus respectée. Même dans la création d’emplois décents, on doit faire de la pédagogie : La pédagogie de l’innovation et de la créativité pour exploiter les potentiels locaux, la pédagogie de l’investissement productif pour montrer les gisements d’emplois dans les processus industriel, commercial et des services, la pédagogie de la création d’entreprises viables qui insiste sur la nécessité de considérer l’entreprise comme un bien social, la pédagogie du développement de l’employabilité pour adapter la formation à l’emploi. La pédagogie dans la réforme de l’enseignement qui pourrait apaiser le climat dans nos écoles et universités et éviter les morts d’étudiants et la destruction des biens. La pédagogie de la qualité, de l’hygiène, de la sécurité et de l’environnement qui améliorerait le cadre de vie et doterait le pays de moyens de lutte contre toutes les endémies.

L’absence de pédagogies (présidentielle et gouvernementale) crée de la confusion, fait persister les pratiques informelles et les fondations en ruines (des magistrats et généraux véreux, des interconnexions familiales et amicales dans les affaires de l’Etat, une presse de caniveau, une société en déliquescence…) et transforme notre pays en république bananière. La première des pédagogies était de tirer des enseignements des expériences passées. Un Président de la République qui va présider la finale de la coupe nationale de football fera plus de pédagogie de promotion du sport qu’un Président qui utilise l’argent pour amadouer les gens. Malheureusement, il y aura plus une seconde chance de faire une première bonne impression. La première impression est toujours la bonne même si elle est mauvaise. Excellente journée.

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