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L’oeil du juriste et droit de l’hommiste

Une perception de juriste et les droits de l’homme chevillés au corps, le spécialiste nous livre ici quelques réflexions sur l’actualité et exprime des préoccupations sur la marche de notre pays :

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION DU FONCTIONNAIRE.

Dans les années 90 , une fonctionnaire allemande du nom de Dorothea Vogt , enseignante de son état , avait été révoquée de la fonction publique à cause de son engagement politique au sein du Parti Communiste.

Saisi d’un recours contre l’Etat Allemand , la Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’Allemagne .

Elle a jugé que le fonctionnaire comme tout citoyen a droit à la liberté d’expression.

Certes cette liberté d’expression peut-être soumise à des restrictions ( sécurité nationale, intégrité du territoire, prévention d’un crime …)

La cour a aussi considéré que l’obligation de réserve est une ingérence de l’Autorité , une entrave à la liberté d’expression qui n’est justifiée que si elle respecte 03 conditions :

– être prévue par la loi ;

– poursuivre un ou des buts légitimes

– être nécessaire dans une société démocratique

Dans l’affaire Ousmane Sonko , si le fonctionnaire peut tomber sous le coup de la sanction de l’autorité publique nationale sans difficulté ;

Mais cette dernière doit se rappeler qu’il existe une charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que des mécanismes africains comme internationaux ayant pour mandat de protéger les droits des citoyens en cas de violation .

En définitive , il y aura lieu de traiter cette question de la liberté d’expression du fonctionnaire sous l’angle du droit comparé.

Pour ne pas essuyer des plâtres dans l’ordre international.

LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET LA NON -TRANSPARENCE : DES DEMANDES INSOLUBLES .

Au lendemain de la deuxième alternance la reddition des comptes et la transparence ont été présentées comme des demandes sociales .

En leur honneur , la Cour de répression de l’enrichissement illicite ( CREI ) a été réactivée et L’OFNAC ( Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption ) créée .

Après trois années de mise en œuvre des deux mécanismes , il semble que ni la reddition des comptes , ni la transparence ne paraissent être des demandes solubles au pays de la Teranga voire en Afrique !

La CREI est née avec quelques vices rédhibitoires qui ont ruiné son fonctionnement .

Quant à l’Ofnac , elle buterait sur le fait que la conception de la transparence n’est pas la même pour tous .

Dans un pays où le jeu politique est budgétivore , c’est-à-dire marqué une large clientèle politique et électorale à satisfaire , le besoin d’argent facile est un mal presque nécessaire . Pour survivre politiquement

Il semble que les pouvoirs politiques de toute époque d’ici et d’ailleurs n’ont pas toujours les moyens de leur politique … de transparence .

Aussi , il n’est pas étonnant que des lanceurs d’alerte du genre Ousmane Sonko et des gendarmes de la transparence comme Nafi Ngom Keita soient regardés de travers .

Dans un tel contexte , quel est l’avenir de la politique de lutte contre la corruption et la transparence ?

Autre Question : une jonction entre l’inspecteur des impôts et l’inspecteur général d’Etat pourrait-elle faire trembler la République ?

Troisième question : Que risque un acteur anti-système dans une démocratie africaine ?

MEDECINS COMPÉTENTS , PERSONNEL INDIFFERENT ET HÔPITAUX SINISTRÉS .

Interné dans un hôpital public de Dakar le 1er Août , un beau-frere décédera ce 04 Août 2016 ; officiellement à 7 h 30 mn .

Mais une première source nous avait affirmé qu’il serait parti dés 3 H matin

Ce qui est certain c’est que sa famille n’a été informée du décès que par un pur hasard .

En effet , il a fallu qu’une sœur appelle vers 14 Heures , pour apprendre que son lit était vide .

Traduction , le patient a rendu l’âme !

Pire encore , le corps a été enveloppé dans un drap et jeté à la morgue . Comme un objet.

Personne ne s’est donné , pas même la peine de fermer ses yeux . Il a fallu que je le signale.

Aussi , je me suis dit , pourquoi ne pas recruter , des assistants et assistantes de santé , pour assumer le volet non médical . ( rassembler les affaires du mort , fermer ses yeux et bouches , appeler la famille … .)

Car le personnel de base est indifférent au sort concret des patients , vivants ou morts.

Par ailleurs , la famille n’a jamais su de quoi il souffrait et encore moins la cause de son décès .

Quotidiennement , il lui était seulement demandé de payer tel ou tel autre médicament .
A coup de milliers de nos pauvres francs .

La seule chose qu’elle a oui dire est : on fait de notre mieux ou encore on se bat comme on peut !

Bref , d’expérience il faut retenir que les médecins sont bien formés par l’université , mais ils officient dans des mouroirs voire même des  » foutoirs  » , au vu du délabrement de la plupart des hôpitaux !

Quant au personnel de base , il n’a manifestement pas le cœur à l’ouvrage, pour certains au moins .
Peut-être , faute de motivation ou de vocation ?

En conclusion , la santé pour tous reste un slogan ; En tout cas pour ceux qui fréquentent les établissements publics de santé locaux .

Donc pour le plus grand nombre .

Maître Amadou Aly KANE

Avocat à la Cour

 

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