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Edito du Mardi : La malédiction de l’argent dans notre pays

Au nom de l’argent, des actes incompréhensibles et inqualifiables sont commis dans notre pays. S’il y a un domaine où les politiques de nos pays ont pêché, c’est la question de la relation entre l’argent et les citoyens. Un poisson pourrit toujours par la tête et c’est à la tête de l’Etat que ce rapport à l’argent est encore plus confus. C’est la nième fois que le Président de la République dégaine des millions pour une corporation. La dernière fois, c’était la semaine dernière lors de la finale de la coupe du Sénégal. 25 millions offerts à la fédéfoot et aux équipes finalistes. Voici un acte de pure politique politicienne effectué par un Président d’une République Bananière. Dans une démocratie civilisée, le Président de la République va présider la finale de la coupe nationale et remettre le trophée aux vainqueurs et encourager les vaincus. Le ministère des sports a déjà budgétisé les barèmes de récompense pour les participants aux différentes compétitions. En perpétuant une gestion patrimoniale et familiale de l’Etat, nos dirigeants ont perpétué les situations et relations nébuleuses avec l’argent. Les relations avec les monarchies du Golfe ont toujours été entourées du seau des énigmes liées à l’argent. Sous la précédente législature, on a compris que nos chefs d’Etat ne se contentent pas uniquement de coopération bilatérale mais s’appropriaient personnellement  des dons issus des monarques de ces pays. Au nom de l’argent, ces dirigeants sont prêts à sacrifier leurs citoyens en les transformant en chair à canon. La dignité humaine ne peut pas tomber plus bas.  Certains n’ont même pas honte de dire que telle partie de leur fortune est issue de dons ou de privilèges divers. Au nom de l’argent, ces politiques se sont livrés à des actes de prédation et de prévarication  sans précédent depuis les indépendances. Ces actes ont entraîné la faillite d’un système bancaire national qui aurait pu nous permettre d’accompagner le développement du pays. Au nom de l’argent, pratiquement tous les investissements ont connu des détournements d’objectifs, notamment les moyens qui devaient servir à assurer la maintenance et la pérennité de certains ouvrages. Au nom de l’argent, les règles de transparence et d’équité dans les marchés sont régulièrement bafouées, le gré à gré prolifère,  les actes de corruption, de concussion, de trafic d’influence et autre prise illégale d’intérêt sont légion. Au nom de l’argent, les pouvoirs politiques se sont dotés de trésor de guerre avec les fonds politiques et de moyens de corruption  et de massification de leurs mouvements politiques. Au nom de l’argent les règles élémentaires de la démocratie sont foulées au pied dans les partis politiques, la transhumance est le premier réflexe des politiques véreux.  Au nom de l’argent, les politiques ont perverti les masses et leur ont inculqué le chemin du gain facile (khaliss dagnou koy lidjenti, ken dou ko liguey – l’argent  ne se travaille pas, il se décortique). La prédominance d’un secteur informel s’explique par cette complexité des rapports à l’argent.  Au nom de l’argent, trahison, oisiveté, chantage, méchanceté gratuite et jalousie maladive ont gangréné le corps social.  Au nom de l’argent, les amitiés et les unions se délient, la cellule familiale se disloque  et l’appât du gain est devenu la motivation principale dans toutes les relations. Certains fonctionnaires et hauts gradés font des extras (kharmat) avec les moyens de l’Etat.  Au nom de l’argent, certains sont prêts à tuer pour arriver à leurs fins, ce qui rend lucratives les activités de fétichisme, de charlatanisme, de larbinisme et de parasitisme. Au nom de l’argent, l’éducation et la formation sont reléguées au second plan des priorités, les structures éducatives privilégient la logique financière à la logique pédagogique. Au nom de l’argent, le pays est transformé en plaque tournante de tous les trafics (drogue, visas, influence, faux médicaments, marchandises de contrebande, faux et usage de faux…) et en repères pour spécialistes du  blanchiment d’argent sale et pour les dictateurs déchus.  Au nom de l’argent, seuls les activistes, trafiquants de drogue et trafiquants notoires de visas et  qui véhiculent les contrevaleurs sont mis en avant. Au nom de l’argent, les fondations de notre société sont tombées en ruines. Les repères et références ont disparu. Au nom de Dieu et des libertés, défendons l’honneur national et retrouvons les valeurs de dignité qui ont jadis fait la noblesse de notre société et la réputation de nos illustres ancêtres.

Excellente journée

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