La réunion du prochain Comité central du Parti socialiste (Ps) devra faire « l’objet de concertations ». C’est l’exigence de Barthélemy Dias qui promet de renoncer à son mandat de député, au cas où ladite instance déciderait qu’ils vont aller aux Législatives avec « Benno bokk yakaar » (Bby). Entretien avec le député-maire de Mermoz-Sacré-cœur.
Pensez-vous comme Idrissa Seck que la libération de Karim Wade découle d’un deal?
A défaut d’avoir la famille socialiste, la famille de gauche, pour le soutenir, pour qu’il obtienne un second mandat, aujourd’hui, le Président Macky Sall est obligé de revoir sa stratégie. Aujourd’hui, il fait avec les moyens du bord. Il est obligé de reconstituer cette famille libérale pour, éventuellement, essayer de pouvoir garantir à son pouvoir un second mandat. Est-ce qu’il y avait une traque des biens mal acquis? Parce qu’il y avait une liste, et moi, j’ai toujours déploré que sur cette liste, il n’y ait que Karim Wade à avoir fait l’objet de convocation et d’emprisonnement. La plupart des Sénégalais, et même ceux qui sont contre Karim Wade reconnaissent, en toute honnêteté intellectuelle, qu’en un moment donné, cette traque donnait l’impression d’un acharnement contre la personne de Karim Wade. Et moi, personnellement, je suis contre l’injustice. Donc, je crois qu’aujourd’hui, si c’est ce que le Bon Dieu a décidé, on doit s’en tenir à cela.
Votre formation, le Ps, traverse l’une des crises les plus aigües de son histoire. Comment vous en êtes arrivés là ?
Au sein du Ps, malheureusement, on traverse cette crise. Parce qu’il y a une volonté de ne pas mettre en place un cadre de discussion, un dialogue, un cadre de concertation. On préfère discuter dans la Coalition « Benno bokk yakaar » et refuser de discuter au sein du Parti socialiste.
Il y a certains qui sont intéressés par cette division, parce qu’ils considèrent que l’unité et la cohésion ne seraient pas en leur faveur. Malheureusement, aujourd’hui, on a mis dans la tête de certains qu’il y a des camps. S’il y avait des camps, le camp de Dakar a posé au moins un acte, après le fameux Bureau politique mouvementé. Le camp de Dakar a posé un acte à travers un meeting avec comme thématique : l’unité et la cohésion. Quel est l’acte que l’autre camp a posé, à part déposer une plainte? Moi, ce qui me fait rire, pour ne pas dire sourire, je ne sais pas au nom de qui a été déposée cette plainte? Ceux qui ont déposé cette plainte ne peuvent pas prouver qu’ils sont propriétaires des tables qui ont été cassées et des vitres qui ont été éclatées. Je rappelle que nous cotisons au Parti socialiste, et aussi le produit de la vente des cartes contribue à faire fonctionner ce parti. Donc, si les militants cassent leurs propres chaises, leurs propres vitres, je ne vois pas ce qu’on a à faire devant un juge, si ce n’est qu’une frustration exprimée.
Aujourd’hui, on oublie de mettre l’accent sur ce qui a conduit à ces faits condamnables. Certains responsables du parti ont voulu engager le parti à voter oui, sans avoir eu au préalable une concertation avec la base. C’est ce qui a mis le feu aux poudres. Je rappelle qu’il n’y a aucun article, ni dans le règlement intérieur, ni dans les textes du parti, qui permette à un quelconque responsable, fut-il le Secrétaire général, à engager le parti dans une décision qui concerne la vie de la nation. Et aujourd’hui, je crois qu’après ce référendum, je me réjouis du fait que le Parti socialiste ait retenu la leçon du référendum. Aujourd’hui, il est question de convoquer, non pas le Bureau politique, mais plutôt le Comité central. Et j’ai déjà indiqué que je ne suis pas d’accord que le Parti socialiste parte aux Législatives en coalition avec le pouvoir, parce que nous avons une vocation naturelle qui est de conquérir et d’exercer le pouvoir.
La presse a rapporté que vous avez tenu des propos discourtois à l’endroit de votre Secrétaire général par rapport à la
plainte qui a été déposée.
Qu’en est-t-il exactement ?
Cette information n’est pas une contrevérité, c’est un mensonge. Dans ce parti, il y a un énergumène qui n’a pas le courage de sortir du bois. C’est ce même énergumène qui, la journée, va voir Ousmane Tanor Dieng, lui dire des choses qu’il a envie d’entendre, et la nuit, c’est ce même énergumène qui se rapproche des amis de Khalifa Sall, pour essayer d’avoir bon dos sur Khalifa Sall. Cet individu se connaît très bien. Je voudrais seulement lui dire que sa stratégie ne passera pas. C’est une stratégie qui consiste à présenter Barthélemy Dias comme étant un indiscipliné pour me mettre à la porte du parti. Je n’ai jamais manqué de respect à Ousmane Tanor Dieng, et je ne lui manquerai jamais de respect. Lors de cette réunion, je prends à témoin le président du Conseil des sages, le doyen Nguirane Ndoye. Il a été coupé par une bande de camarades qui pensent devoir verser dans le larbinisme politique. Le doyen Nguirane Ndoye a dû s’énerver pour faire comprendre que, quand il développe un argumentaire, personne ne doit le couper. Tout le monde s’est tu, on l’a laissé continuer. Quand j’ai pris la parole, Ousmane Tanor Dieng ne m’a pas coupé. Ousmane Tanor Dieng m’a indiqué que, peut-être, le temps nous était compté. Certains rigolos ont voulu me ridiculiser, et je les ai remis à leur place. Moi, quand je parle, on ne me coupe pas, on m’écoute. Parce que, quand les autres parlent, je ne les coupe pas, je les écoute.
Qui est ce responsable que vous traitez d’énergumène ?
Je ne cite pas de nom. Je dis que ces personnes sortiront du bois. Je n’accepterai pas que certaines personnes se moquent d’Ousmane Tanor Dieng. Ils veulent manger à tous les râteliers. Nous, on n’est pas pro-Khalifa ou pro-Tanor, nous voulons travailler pour que le Ps puisse reconquérir et exercer le pouvoir.
Dans une interview, votre camarade Cheikh Seck ne vous pas raté…
Je voudrais dire à mon ami Cheikh Seck qui a une courte mémoire, que c’est moi qui l’ai remplacé à la tête du Mouvement national des jeunesses socialistes. Et qu’il n’a aucun bilan, parce que c’est un homme qui n’a pas comme valeurs le courage et l’engagement. Ce sont des principes qui lui sont étrangers. J’ai fait briller le Mouvement national des jeunesses socialistes de mille feux. Dans ma carte de visite, il est écrit Barthélemy Dias. Tous les Sénégalais me connaissent, parce que j’ai travaillé. C’est un inconnu au bataillon des combattants. La réunion du prochain Comité central devra faire l’objet de concertations. Nous devons discuter, nous devons échanger. Je le dis et je le répète. Moi, Barthélemy Dias, si la position du Comité central est de soutenir la Coalition « Benno bokk yakaar » et d’aller ensemble aux élections législatives, personnellement, je respecterai la position du Parti socialiste. Mais, à partir de ce moment, je renoncerai à mon mandat de député. De l’autre côté, qu’eux aussi, acceptent que si le Comité central du parti décide qu’on ne part pas aux élections législatives avec Macky Sall, qu’on aille faire de la politique. Parce que ça doit être réciproque.
Quel est aujourd’hui l’état de vos relations avec Tanor Dieng ?
On a d’excellentes relations. Moi, je ne suis pas un rancunier. Je ne suis pas un hypocrite. Ousmane Tanor Dieng m’a toujours soutenu. C’est un homme qui a grandement contribué à ma formation. C’est un homme que j’ai toujours respecté, que je respecte, et que je respecterai toujours. C’est un énergumène qui refuse de sortir du bois qui entretient le mensonge comme quoi j’aurai manqué de respect à Ousmane Tanor Dieng.



