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Edito du Lundi : Un pays libéré et en mouvement

Un pays libéré vaut mieux qu’un pays coincé et prisonnier de lobbies de toutes sortes. J’ai toujours dit qu’il est très difficile voire impossible de construire un pays dont les fondations sont en ruines. La situation devient encore plus compliquée si ce pays ne subit pas des réformes en profondeur. Moussa Sarr, de la Ld déclarait ce weekend: « Karim Wade ne vaut pas plus que les autres Sénégalais» et il a bien raison car tous les sénégalais vont aux chiottes de la même manière. Pourquoi ce traitement de faveur pour l’un de nous ? Notre pays doit être libéré de l’emprise des fils de… ou fille de…, des connexions familiales ou amicales, des deals politico-religieux, d’une certaine mafia qui l’étouffe et qui le prend en otage depuis les indépendances. Notre pays a besoin d’être libéré du joug du capitalisme étranger qui n’a créé que pauvreté et désolation car ayant servi à enrichir honteusement une classe dirigeante (et leurs familles) composée de prédateurs et de prévaricateurs de ressources publiques. En même temps, le pays sera libéré du fléau de la dette et du sous-développement. Le pays doit être libéré de la mal gouvernance publique et privée. La situation du foncier (bâti et non bâti), la gestion des agences et sociétés nationales dont l’OFNAC et l’Inspection générale d’Etat viennent encore de pointer du doigt, la gestion de l’eau, de l’électricité et tant d’autres incohérences dans notre système viennent nous rappeler l’état de déliquescence du corps social et du pays tout entier. Un poisson pourrit toujours par la tête. Comment le Président de la République peut-il vouloir sanctionner les dérives plus de quatre ans après son investiture alors que toute la population observe une gestion patrimoniale des biens publics par un Parti-Etat ? Il ne pouvait pas ignorer ces dysfonctionnements. Quand l’informel dépasse de loin le formel, la situation devient catastrophique. La proactivité (le sens de l’anticipation) est largement plus efficace que la réactivité. L’utilisation des fonds politiques constitue un vrai malaise dans ce pays. Mettre en place un fonds de solidarité nationale est plus efficace que distribuer des millions par ci par là . La présidence n’est pas le lieu où on doit sortir avec des millions comme récompense. Les relents d’achat de conscience et de corruption passive ne sont pas loin. Les nominations de conseillers spéciaux à la présidence, de ministres conseillers, d’ambassadeurs je ne sais de quelle utilité continuent de plomber l’action de ce pouvoir politique qui est plus préoccupé par sa réélection que par la résolution des problèmes du peuple. L’instabilité de l’équipe présidentielle en est une parfaite illustration. Les fondations humaines de notre société sont à revoir. Les modes de dévolution du pouvoir, les connexions familiale et amicale, les relations entre les gens faussent tout, détruisent le lien social et compliquent le vivre ensemble. Nous avons besoin d’une vision portée par un leader charismatique, crédible, courageux, exemplaire et humble. Ce leader doit Incarner une vision et la faire partager à ses collaborateurs et les citoyens. La fragilisation croissante du sentiment d’appartenance à une nation impacte sur l’engagement citoyen mais aussi sur la santé et la performance du système tout entier. L’absence de repères, la relation malsaine entretenue avec l’argent ont précipité la désintégration de l’identité nationale. Les valeurs doivent être partagées pour maintenir la cohésion sociale et retisser les liens. Il ne suffit pas de décliner des slogans sur l’émergence du pays ou d’afficher des valeurs telles qu’on peut le voir dans les chartes d’entreprise pour que le déclic arrive. Il est nécessaire d’ appliquer ces valeurs au quotidien. C’est à travers l’observation des comportements que l’on se rend compte qu’il y a parfois un réel décalage entre les préceptes qu’affichent les publications des communiqués du conseil des ministres et ceux qui sont pratiqués en réalité. Cette distorsion entre les valeurs affichées et les valeurs appliquées contribue à rendre difficiles les relations interpersonnelles. Un pays libéré pose le partage de valeurs en acte comme condition de l’existence d’une communauté humaine. Un investissement massif dans l’éducation et la formation doit permettre une meilleure perception et une meilleure appropriation du sens de l’action supérieure à la parole. Rompre avec le pilotage à vue et l’hyper présidentialisme, engager des réformes de fond, promouvoir un nouveau management public et privé, libérer les énergies des forces vives, transformer l’humain sont des pistes pour mettre en mouvement notre société. Un surcroit de patriotisme et de sens produiront ce supplément d’âme dont notre pays a grandement besoin. Excellente semaine

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